Tino Rossi - Biographie générale 1/2.

1936TinoRossiParJacquesWeisman

(Tino Rossi, peint par le Maître Jacques Weismann en 1936)

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Premières années - Premiers succès

Naissance, enfance et jeunesse.


En 1907, le lundi 29 avril à 7H00 du matin, Tino Rossi naît à Ajaccio, au 43, rue du Cardinal Fesch.

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Ci-dessus : copie conforme du registre d'État Civil de la ville d'Ajaccio - Acte de naissance de Constantin Rossi établi le 30 avril 1907 - (Coll. C. R-V.)

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Son père, Laurent, est artisan tailleur ; Tino est son troisième fils. Sa mère, Eugénie, se consacre, en plus de l'atelier familial, à ses neuf puis huit enfants. 

En effet, Constantin porte le prénom de l'un de ses frères, décédé en bas âge à la fin de l'année 1906. Pour sa mère, Constantin est ce que l'on appelle le consolateur après ce deuil. 

Dès son enfance, il aime chanter, chante tout le temps et tous ceux qui l'entourent lui reconnaissent une voix très pure. Bien que doté d'une grande mémoire, il préfère l'école buissonnière aux études car il s'ennuie en classe ! 

Dès l'âge de 7 ans, Tino chante des berceuses à sa plus jeune sœur Laurence, pour  l'aider à s'endormir.

À l'âge de dix ans, Tino déclare pour la première fois à son père : « Je serai chanteur ! ». Déjà à cette époque, Tino chantait tout le temps, se rappelle quelques années plus tard son père...

Grâce à l'euphonie innée de sa voix, Tino est très demandé pour chanter au Bar André, à Ajaccio, avec des camarades.

Au printemps 1925, encore adolescent, il casse sa tirelire et prend le bateau pour Nice, à bord du Cyrnos, avec une bande de copains, pour voir au moins une fois dans sa vie à quoi ressemble "le Continent", court voyage de deux jours qui ne le laissera pas indifférent.

En été 1925, à l'âge de 18 ans, il rencontre à Ajaccio Anne-Marie Mornand (23 janvier 1907 - 30 avril 1981), l'une des cinq violonistes venues donner un concert à la terrasse du Café Napoléon au cours de cet été, sur le cours ajaccien du même nom. Il en tombe fou amoureux, part avec elle sur la Côte d'Azur s'installer à Menton.

Ci-contre : Constantin Rossi, jeune adulte de 18 ans, vers 1925.

Photographie X - Coll. C. R-V.

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Dans la foulée, Tino est appelé sous les drapeaux en 1926. Il est incorporé le 19 mai 1927 dans le 25ème bataillon de Chasseurs Alpins basé à Menton (témoignage audio de Tino) . Réformé temporaire le 21 juin 1927 à Nice, il est définitivement réformé le 13 février 1930. Le 22 septembre 1927, il épouse Anne-Marie Mornand à Toulon, au cours d'une cérémonie discrète. Il devient peu après la fin de ses obligations militaires le jeune père de Pierrette à l'automne 1927 (décès en 2011).

Quand Tino retourne à la vie civile en 1927, il a du mal à trouver un travail stable à Toulon et n'a d'autre solution que retourner en Corse en espérant que son épouse finisse par le rejoindre.

Mais Anne-Marie ne le rejoindra jamais en Corse... Avec tous ses engagements, ses départs en tournée pour ses concerts, Anne-Marie demande rapidement le divorce qui sera prononcé le 10 juin 1929.

De retour à Ajaccio, et après cette épreuve personnelle, le voici, pistonné par les relations de son père, engagé comme changeur au casino. 

Tino se liera rapidement avec la brune secrétaire du directeur, Faustine Fratani (27 décembre 1912 - 1985) avec qui il vivra maritalement durant 5 ans avant de l'épouser le 29 septembre 1934. Ils divorceront le 22 février 1938.

Mais Tino Rossi ne se plaît pas au Casino dans ce travail de routine. Au même titre que Tino Rossi n'a jamais voulu suivre la voie tracée par son père, de devenir tailleur, il avait envie d'autre chose...

Aussi, entre la fin 1929 et le début 1930, Tino quitte la Corse avec sa compagne Faustine pour venir tenter sa chance sur le continent.

  • Fait ultérieur du destin, le casino d'Ajaccio brûlera le 17 novembre 1930... Comme quoi, la voie du Casino d'Ajaccio n'était définitivement pas la bonne pour Tino... Le sinistre, d'origine criminelle, détruit toutes les salles de jeu. Cinq bidons d'essence seront retrouvés dans les décombres, dans la salle du baccara. 

Nouveau départ pour le continent dans l'espoir d'une embauche au casino d'Aix-en-Provence en tant que travail de subsistance. 

Les recommandations du premier adjoint au maire de la ville, un ami de la famille Rossi, restant sans résultat, le couple s'installe à Marseille dans une chambre miteuse du quartier des Réformés, en haut de la Canebière. De repas trop légers en boulots trop temporaires (voiturier, plongeur, portier de boîte de nuit...), Tino Rossi traverse les mois les plus pénibles de sa vie ; sa réussite et sa pudeur l'empêcheront de les détailler... 

  • Nous savons seulement que parmi ses petits-boulots, un jour, par désespoir, Tino dut offrir ses services à un patron de restaurant qui l'embaucha en tant que plongeur... Il n'y travailla qu'une seule journée... Il paraît "qu'il n'avait pas La Manière", et que le patron "le trouvait triste"...

Alors, certains soir, à Marseille, Tino Rossi se retrouve à chanter spontanément et par plaisir dans des bars du centre ville les airs de son île aux Corses présents... Et même les non-corses aiment bien l'entendre chanter...

Pourtant, un fois, Tino refusera une première chance offerte par le destin. Un soir, alors qu'il avait chanté pour des collègues corses pendant plus de deux heures dans un bar marseillais du cours Belsunce, le patron, très impressionné par la qualité de son chant lors de ce concert improvisé, retient Tino et lui propose de l'embaucher immédiatement pour remplacer son chanteur-musicien habituel tombé malade... Tino reste bouche bée. Il lui est impossible de parler... Le patron insiste et lui propose 100 francs par soirée, une somme importante pour l'époque, payée chaque soir sans délai !

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Tino refuse catégoriquement l'offre et laisse passer sa chance, la chance de pouvoir chanter et d'être entendu régulièrement... La chance de pouvoir être découvert ! 

La raison est simple et difficile : Tino, alors âgé de seulement 22 ans, est encore d'une timidité maladive... Il a tout simplement peur de se retrouver sur une scène, face à un public d'inconnus... En effet, s'il sait chanter en comité restreint pour des amis, il est alors incapable de s'exposer sur une scène...

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Tino « Chanteur de charme »

En 1930, Tino Rossi, lassé de Marseille et de ne point trouver d'issue favorable à sa situation, s'installe désormais à Aix-en-Provence. Il chante toujours pour les copains, les étudiants corses de la faculté de droit d'Aix (Raymond Filippi, Dominique Stefanaggi, Alfred Albertini, Jean Orsoni...) qui se retrouvent le soir au Café du Terminus... Son talent pour le chant est réellement apprécié par ses collègues, futurs ténors du barreau ou magistrats de renom lors de ces soirées qui sont ses seules consolations et sa seule évasion d'une vie si dure, avec les projections au cinéma des films de Marcel Pagnol...

D'ailleurs, c'est au Terminus qu'il croise le baryton-basse provençal Adrien Legros (1903-1993) qui le remarque, lui donne des conseils pour mieux respirer et poser sa voix. Tino ne l'oubliera jamais ; il enregistrera même un 78 tours avec lui quelques années plus tard... (cf. discographie 78 Tours - DF1443 - en 1934).

Pour subsister, il se fait embaucher en tant que figurant pendant les fêtes du carnaval d'Aix-en-Provence (au mois d'Avril). Il est figurant avec un costume de favouille sur un char en carton-pâte... Puis, dès le lendemain, il se lance comme marchand de confettis avec ses autres collègues figurants, pour tenter de tripler leurs gains, en achetant 100 kg de confettis et en escomptant les revendre au détail... Opération qui se révélera un désastre financier...

Alors qu'un jour Tino Rossi chante encore une fois pour ses collègues du Café du Terminus, un pianiste du coin, Marcel Vadon, le repère. Il avertit en douce un impresario local et fin diseur à ses heures qu'il connaît bien pour participer à ses tournées dans le Pays d'Aix... Il s'agit du producteur de tournées Louis Allione, dit « Petit-Louis » (dont sa présence dans les environs d'Aix est attestée depuis au moins Janvier 1924.)

Grâce à Marcel Vadon, Petit-Louis et Tino Rossi se rencontreront au Casino d'Aix-en-Provence, casino où Tino Rossi essaye périodiquement de se faire embaucher en y passant régulièrement aux nouvelles...

Heureux coup du destin, Petit-Louis, qui remarque immédiatement son potentiel, lui propose de l'embarquer dans ses tournées avec succès, sur de petites scènes provençales, ou pour des fêtes votives, en le présentant, rien que cela,  comme « Le Roi des chanteurs de charme »

Mais Tino Rossi est un grand timide... Il hésite. Aussi, Petit-Louis lui propose-t-il, pour ne pas le brusquer, de commencer par un premier essai dans un petit village de l'arrière-pays provençal où personne ne le connaît, pour un tour de chant plutôt intimiste, dans une toute petite salle avec un public peu nombreux afin de pouvoir se tester face à un public d'inconnus... Tino, plutôt rassuré par cette proposition, finit par accepter.

  • Le 14 septembre 1930 Tino Rossi chante donc pour la première fois de sa vie sur scène dans le village vauclusien de Lauris.
  • Le patron du Café Porte, Monsieur Bouquet, embauche la troupe de Petit-Louis ; à charge ensuite pour Petit-Louis de payer les artistes et d'organiser le spectacle. Le public vient alors dans la salle de danse attenante au Café Porte assister gratuitement au spectacle - La patron du café se rémunérant sur les consommations du public ainsi attiré par l'événement festif de fin de semaine...
  • Petit-Louis, chargé d'introduire le spectacle, lance alors à l'auditoire : « Tino Rooooossi ! Mon ami, Monsieur Tino Rossi ! »
  • Au moment de monter sur scène, Tino subit un blocage. Le trac l'a gagné, il est paralysé...
  • Petit-Louis, ne se laissant pas démonter hurle à nouveau : « Voici Monsieur Tino Rooooossi ! Il est là ! »
  • Mais rien n'y fait. Tino reste pétrifié, glacé de terreur.
  • Le public commence alors à murmurer, rire, puis à s'agiter dangereusement pour un début...
  • D'un seul coup, Petit-Louis quitte la scène et vient saisir Tino par les épaules et le propulse littéralement sur la scène... 
  • Tino se retrouve alors au milieu de la scène, scruté dans le moindre détail par un public à la curiosité amusée... Tino ne pense à rien, il ne voit plus rien, il a tout oublié, il est K.O debout...
  • Quand soudain le pianiste, Marcel Vadon, comprend ce qu'il se passe... Il tente alors le tout pour le tout : il entame au piano les premières mesures des Pêcheurs de perles et machinalement, comme un robot, Tino se met à chanter sans trop se rendre compte de ce qu'il fait... 
  • Tino Rossi commence son premier récital en public en chantant donc son premier titre... Il faut préciser que des témoins âgés interrogés le 6 août 1984 à Lauris même par un administrateur du Club Tino Rossi - Jean Pichon, affirment que sa première chanson chantée était Souviens-toi (de Saint-Granier)... Il subsiste donc une incertitude...
  • À la fin de l'air, Tino est ailleurs... D'un coup, le public exulte, se met à hurler dans tous les sens, à l'applaudir frénétiquement ! Tino reste prostré, tétanisé par cette pluie d'applaudissements. Il est en état de choc.
  • Alors, le pianiste entame dans la foulée le second morceau : Manon, le rêve des Grieux...  Et Tino de redémarrer machinalement et l'interpréter d'une voix de maître. Le miracle se produit : le public rural de Lauris tombe alors sous le charme de Tino. Les applaudissements redoublent ! Les hommes, fait exceptionnel, sont encore plus bruyants et allant que les femmes ! 
  • Tino Rossi commence à se reprendre... Il commence à se "réveiller"... Sortant de sa demi-inconscience, il réalise que quelque chose de spécial se produit. Une étrange chaleur l'envahit, telle qu'elle se produit lorsqu'un artiste entre en communion complète avec son public.
  • Le public lui réclame alors une troisième chanson. Mais Tino Rossi n'a rien préparé. Il est pris au dépourvu. Tino ne peut pas chanter autre chose. C'est Petit-Louis qui va rétablir la situation et prendre sur lui. Il monte sur la scène et déclare cérémonieusement  : « Monsieur Tino Rossi serait heureux de vous chanter autre chose. Malheureusement, ne prévoyant pas le succès qu'il obtiendrait ce soir auprès de notre estimé public, n'a rien préparé en bis... »
  • Un blanc dans le public clôt la déclaration de Petit-Louis...
  • Puis une voix véhémente monte du fond de la salle et jette ce coup de semonce : « Qu'il chante les mêmes ! ».
  • Petit-Louis, lui même désarçonné par cet oukase lointain, dit à Tino : «Tu as entendu ? Vas-y...»
  • Alors Tino s'exécute et rechante ses deux chansons. Le public l'applaudira à tout rompre reconnaissant en lui un chanteur de talent.
  • Cette première représentation publique aura jeté Tino Rossi dans le bain de la chanson et du monde du spectacle... Mais révélera aussi son trac maladif sur scène, issu de sa grande timidité... Il devra lutter contre  durant toute sa carrière.

Inventée pour lui, l'expression " chanteur de charme " fera florès...

C'est à cette époque que Constantin Rossi prend son nom de scène Tino Rossi lors de son engagement par Petit-Louis, en se rappelant la façon dont l'évêque d'Ajaccio avait, en le bénissant lors de sa confirmation, détaché les syllabes de son prénom : Constant-tino.

Et c'est ainsi que débute la carrière publique de Tino Rossi, sous la houlette bienveillante de son premier imprésario - Petit-Louis, qui l'amène ainsi chaque soir de village en village dans toute la Provence, devant des auditoires non prévenus ; et qui, chaque soir, recevait le même succès... 

Ce qui fait que finalement, Tino Rossi en environ deux années, commencera à être connu de bouche à oreille en tant qu'artiste local dans tous les villages et les petites villes provençales.

Durant ces années de tournées provençales, il est payé 10 francs par jour, uniquement quand il se produit... Une somme dérisoire, même pour cette époque...

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Ci-dessus : le Café Porte (et sa dépendance), modeste lieu d'un modeste village provençal où Tino Rossi se produit et chante en public pour la première fois, les 14 et 15 septembre 1930 à Lauris (Vaucluse).

  • En 1976, la salle de danse attenante est encore dans son état tel que Tino y a chanté, au 27 avenue Joseph Garnier. En entrant dans la salle, la scène se trouve en face, complètement au fond.
  • En 1981, la dépendance est vendue et devient une boutique de fleuriste Sylvie Fleurs.  La porte et les fenêtres sont remplacées par une grande baie vitrée.
  • Ultérieurement, la construction est surélevée d'un étage d'habitation.

Photographies Pichon - 28 juillet 1976 - Coll. C. R-V.

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Un disque en fer blanc...



En 1932, à Ajaccio, Laurent Rossi, le père de Tino, apprend que son fils ne se destine pas à une carrière conventionnelle (dans l'administration, le commerce ou l'industrie, par exemple) mais à une carrière de chanteur... 

Il déboule à Marseille par bateau (probablement en septembre) pour venir sermonner son fils sur place et lui demander de renoncer, arguant du fait que sa vie n'en serait que très dure, à chanter dans les rues pour subsister... Mais Tino s'oppose net à son père. 

Un soir, toutefois, Laurent Rossi se décide tout de même à venir assister à une représentation donnée par son fils... À la sortie, il ne dira mot à quiconque de ce qu'il pense et de ce qu'il a ressenti ce soir-là...

Le lendemain, Laurent Rossi parle à son fils. Il lui dit : « ce qui aurait été bien, c'est que les gens de chez nous puissent entendre ta voix et surtout ta mère. Ça la rassurerait. ».

Qu'à cela ne tienne... Peu après, tandis qu'ils arpentent tous deux la rue Saint-Ferréol, leur attention est attirée par une pancarte sur la devanture d'un magasin, tenu par le truculent Monsieur Mossé :        Enregistrez votre voix pour cent sous

  • - Tino Rossi déclare à son père : « Je vais enregistrer une chanson corse et une chanson française et tu les emporteras à Ajaccio. Là, tu feras tourner tous les disques qui te tomberont sous la main et de temps en temps, tu écouteras le mien, parmi les autres, comme si je n'étais pas ton fils et tâcheras de te faire une opinion ».

Pour la somme de 5 francs de l'époque, Tino enregistre ainsi un disque monoface en fer blanc qu'il destine à sa mère, comme le fera vingt ans plus tard un certain Elvis Presley.

Tino enregistre a capella la chanson "Ajacciu Bellu" et comme il restait encore du temps, il complète le disque avec la chanson  "Souviens-toi" de Saint-Granier. (Nous ignorons ce qu'est devenu ce disque.)

Une fois le disque enregistré, Monsieur Mossé passe le disque au phonographe. Là, un autre individu, présent dans le magasin s'invite pour écouter ce disque et entame la conversation, comme un nouveau coup favorable du destin :

  • - « Qui a chanté ça ? »
  • - « C'est mon fils que voici » répond le père de Tino.
  • - « Votre fils a une voix ravissante. Mais est-ce qu'il ne chante vraiment qu'en italien ? »
  • - « D'abord, ce n'est pas de l'italien mais c'est du corse ! Et ensuite, mon fils est français et la preuve c'est que l'autre chanson du disque est une chanson française ! », ajoute le père de Tino, piqué au vif.

L'individu demande à réécouter attentivement le disque, tandis que son expression se fait de plus en plus admirative...


  • - Finalement, l'inconnu se présente : « Je suis l'Agent Général des Disques Parlophone pour le Midi de la France. »
  • - Il précise : « Cela vous plairait-il d'enregistrer pour nous ? » Tino crut à une plaisanterie... 
  • - Puis d'ajouter : « Laissez-moi votre adresse et nous vous écrirons pour vous convoquer à Paris ».

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Ci-contre : seule photographie officielle de Tino Rossi en 1932 chantant pour les Disques Parlophone.

Photographie Brouchican - Aix-en-Pce. Coll. C. R-V.

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1932PhotoTinoDisquesParlophone

  • - Et là, Tino Rossi dans une réaction assez sèche déclara à l'Agent Général des Disques Parlophone, au lieu de le remercier : « En tout cas, Monsieur, ne me faites pas travailler des chansons pour rien... ».
  • - Et l'Agent Général de lui répondre : « Ne craignez rien, nous allons prendre rendez-vous tout de suite, et vous recevrez notre courrier rapidement. »

Mais moyennement convaincu par cet "on vous écrira" de la part d'un inconnu, les jours passent... 

Tino reprend donc le cours de sa vie de ténorino parmi la troupe de Petit-Louis et oublie tout ça...  Même s'il est finalement content d'avoir fait cette rencontre avec un Agent Général des Disques Parlophone (un certain Monsieur Joseph) en présence de son père.

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... Une Première Radiodiffusion...

  • Le 13 novembre 1932, Tino Rossi passe pour la première fois à la radio, sur le poste Marseille-PTT (315 mètres en Ondes Moyennes), dans un Concert radiophonique organisé par le Comité de Gestion Artistique du Poste Marseille-Provence ! Participe aussi Charles Humel. Au piano, M. Edmond Méradou.
    • De cette première émission radiophonique, Tino Rossi recevra une lettre (et une seule) d'une admiratrice inconnue. Une lettre signée Marinella. Et c'est au moment de faire son grand premier film en 1936 que Tino Rossi suggérera de nommer le film ainsi.

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... Puis un vrai premier disque.

Environ huit jours plus tard (dans le souvenir de Tino Rossi), un courrier des Disques Parlophone parvient à Tino accompagné d'un billet de train aller-simple pour Paris...

Tino est invité à Paris pour enregistrer, moyennant 400 francs, son premier vrai disque, c'est à dire 4 faces de disques à 100 francs chacune - au tarif des débutants, soit 2 prises pour chacun des deux titres...

  • Lorsque Tino rencontre à Paris le Directeur du studio d'enregistrements des Disques Parlophone, celui-ci lui déclare sans détour : « Si vous jugez nos propositions insuffisantes, il est encore temps de vous dédire. Vous n'avez aucun engagement envers nous, alors réfléchissez ! »

Mais Tino Rossi, sans billet de train de retour et sans un sou en poche est bien obligé d'accepter cette offre...

  • Nota : ce cachet ne payera même pas la totalité des frais d'hôtel et de voyage-retour à Marseille... Si bien que Tino Rossi sera obligé d'aller gager sa montre au Mont de Piété...

Ainsi donc, Tino Rossi va-t-il enregistrer son premier vrai disque qui est aussi le premier disque de chansons corses jamais gravé, puisqu'il comprend les titres : O Ciuciarella et Nini-Nanna, deux charmantes berceuses corses.

  • Nota : ces deux chansons de Henri Tomasi sont déjà chantées lors de concerts radiodiffusés par Germaine Féraldy à partir du 16 juillet 1931.

La séance d'enregistrement date du 1er décembre 1932. Tino est accompagné par un guitariste napolitain d'environ 70 ans, rencontré à Montmartre, unique musicien qui ait accepté de se déplacer jusqu'au studio d'enregistrement pour cet inconnu...

  • La nouvelle de cet enregistrement sur disque Parlophone est publiée dès le 17 décembre 1932 dans La République Aixoise - Aix-en-Provence qui est alors la ville de France où la notoriété locale artistique de Tino Rossi est la plus grande.
  • Ce premier vrai disque chanté par Tino Rossi est commercialisé au début du mois de Mars 1933, dans la catégorie Disques Régionaux.
  • Fait prometteur, dès sa sortie, ce disque est favorablement accueilli par la critique dans la presse, ce qui va beaucoup aider Tino Rossi à se faire connaître.
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Ci-dessus : extrait du Supplément Parlophone de Mars 1933 signalant la commercialisation du 1er 78 tours enregistré par Tino Rossi. 

  • À noter la variante orthographique sur le titre Ninni-Nanna.
  • À noter la faute sur le titre écrit O Cinciarella. (corrigée sur le catalogue de rappel édité en Juin 1933).

(Coll. C. R-V.)

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Ci-dessus : 1er disque 78 tours de Tino Rossi. Parlophone 85.486 O Ciuciarella / Nini-Nanna. (Coll. C. R-V.)

Nota : l'exemplaire présenté est une première fabrication (Type 1) pressé entre Mars et Juin 1933. En effet, l'étiquette bleu-nuit mesure 76 mm de diamètre (car dès Juillet 1933, les étiquettes des disques sont réduites à la dimension de 69 mm de diamètre.)

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Ci-dessus : Parlophone 85.486 enregistré par Tino Rossi, de type 2, fabriqué entre Juillet 1933 et Mai 1936. Il s'agit du type le plus courant à trouver.

(année 1936 à partir de laquelle ce disque sera désormais édité sous la marque Columbia, date d'absorption de Parlophone par Columbia ; bien qu'il s'agisse toujours du même enregistrement.)

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Ci-contre : le Parlophone Type 3 qui est une variation du Type 2. Variété sur titre Ninni au lieu de Nini. Très rare.

(Coll. C. R-V.)

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Nota 1 : il convient de noter que Tino Rossi a enregistré deux prises pour chaque chanson pour son premier disque Parlophone. C'était en général cette procédure de sécurité qui était appliquée. Ensuite, le service artistique choisissait la meilleure prise, qui partait alors en production. Fait remarquable concernant ce disque, ce sont, pour les deux titres, les secondes prises qui furent adoptées. 

  • Préférant la vérité à la romance, nous précisons ceci car une légende affirme que Tino Rossi réussissait dès la première prise ses enregistrements du premier coup. 
  • Cette affirmation enjolive la vérité. En revanche, si Tino Rossi était meilleur que la moyenne, c'était en général sa première interprétation qui était jugée la meilleure... Mais sauf rare exception, il existait bel et bien une seconde prise pour chaque titre.
  • En effet, l'on profitait de faire une seconde prise d'affilée, profitant de la présence de l'orchestre et des techniciens dans le studio d'enregistrement... Simple bon sens prudentiel...

Nota 2 : lorsque Tino Rossi s'installa définitivement à Paris et devint la vedette Columbia que l'on sait, il essaya de retrouver l'excellent guitariste napolitain d'environ 70 ans croisé dans les rues de Montmartre pour l'engager durablement, mais ne put jamais y remettre la main dessus. 

  • Peut-être décéda-t-il entre-temps, vu son âge ? 
  • Quoi qu'il en soit, le guitariste laissa au monde son seul testament musical connu, sur un disque Parlophone.
  • À contrario de la mention sur les étiquettes du disque Parlophone, il n'y avait qu'un seul guitariste qui accompagna Tino Rossi à ses débuts.
  • Tino Rossi précise d'ailleurs que le vieux guitariste napolitain l'avait accompagné sans partition, à l'oreille, en suivant sa voix...

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Encore quelques derniers spectacles de Tino Rossi à Aix-en -Provence «dans la vie d'avant...»

  • Le 31 juillet 1932, soirée de gala à Aix-en-Provence pour les fêtes du quartier Sainte-Anne, à l'Olympia, cours Gambetta : sélection d'airs d'opéra et de music-hall, avec le concours d'Adrien Legros - de l'Opéra de Marseille,  le ténor Cayol, le baryton Guirand, la danseuse étoile France Wilhem, les comiques Riozet et Marignane, le ténorino Tino Rossi et Mlle Syrelys. 
  • Le 7 août 1932, il est joué à Aix-en-Provence l'opérette Fleur de Provence, pour la fête de Sainte-Anne, au Café de Nice, avec  Adrien Legros, Mlles France Willem et Sirelys, les comiques Riozet et Marignane, le baryton Guirand et le ténorino Tino Rossi....
  • Le 21 août 1932, kermesse à Aix-Les- Milles, à l’École Libre, organisée par Petit Louis et sa troupe. Concert symphonique, etc.
  • Le 17 décembre 1932, il est donné à Aix-en-Provence, au Palais de la Bière, un gala organisé par l'Amicale Corse d'Aix où se produit notamment Tino Rossi, qui y interprète Quand reviendront les hirondelles, Souviens-toi (de Saint-Granier) et son dernier succès enregistré sur disque Parlophone : O Ciuciarella.
    • Dans La République Aixoise du 24 décembre 1932, le compte-rendu de ce spectacle signale : «M. Tino Rossi est un excellent artiste. Il a chanté de toute son âme ; et c'est toute la vie rustique et simple des campagnes corses qui passe dans sa voix».
  • Les 25 et 26 décembre 1932, il est donné à Aix-en-Provence, au théâtre municipal, la Grande Pastorale Provençale jouée par des acteurs locaux, plus ou moins connus du public aixois et des environs : Petit Louis (le chef de la troupe), les barytons Guirand et Criscuolo, Robert Legros (frère d'Adrien), le ténorino Tino Rossi, Mlles Sirelys et Lise Dullac et les comiques Marignane, Montel, Freddys, Dorville... L'orchestre est dirigé par Marcel Vadon. Tino Rossi y interprétera Veni d'Ousi, le Grand Air de Pastorale, en provençal ainsi qu'un autre air en provençal sur les motifs de l'Aubade du Roy d'Ys.

Cette pastorale sera l'un des derniers spectacles donné en tant que vedette locale par le ténorino Tino Rossi... Car bientôt, l'appel de la célébrité va retentir...

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En 1933, les événements s'accélèrent...

Au tout début de cette année naissante, après les fêtes de fin d'année, en plein hiver, c'est la période creuse. Ainsi, pendant deux mois, en Janvier et Février 1933, la troupe de Petit-Louis donne des spectacles de rues dans Marseille même, dans les rues adjacentes au Cours Belsunce. Le public local est rapidement enchanté par la prestation de Tino et les oboles pleuvent. Il n'y a qu'à se baisser pour les ramasser.

La présence dans les rues de Marseille d'un chanteur particulièrement doué finit par remonter jusqu'aux oreilles du Directeur de l'Alcazar - M. Justin Milliard, la salle de spectacle la plus réputée de Marseille. Ainsi, celui-ci assiste-t-il incognito à ces spectacles de rues et découvre par lui-même "Le" talent...

  • Le 15 janvier 1933, la troupe de Petit-Louis, dont Tino Rossi fait alors partie, joue La Pastorale à Velaux, à proximité de Marseille.
  • Le 18 février 1933, Tino Rossi participe à un concert radiodiffusé en direct sur le poste Marseille PTT (316 mètres), où il interprète Nini-Nanna et O Ciuciarella, accompagné par le duo des frères guitaristes Jean et Paul Bozzi ; Tino interprète ensuite, accompagné par Edmond Méradou et son orchestre les titres suivants : Vous ! Qu'avez-vous fait de mon amour ; Je t'ai donné mon cœur ; Les millions d'Arlequin.

Petit-Louis est, à cette époque, déjà bien conscient du talent hors-norme de Tino Rossi, et c'est tout naturellement qu'il accepte l'évolution qui s'offre à Tino... En effet, Justin (Tintin) Milliard convoque Tino Rossi dans ses bureaux et lui propose un engagement de 7 jours à l'Alcazar de Marseille à partir du 3 mars 1933, « en qualité de ténorino » pour quatorze représentations avant de passer sur une autre scène mythique de la ville, le Théâtre des Variétés.

Le public de l'Alcazar de Marseille est alors nationalement connu par tout le music-hall comme étant le public le plus dur et le plus intransigeant de France. En effet, les gens amènent même les tomates pour chasser les impétrants dépourvus de talent...

  • Du 3 au 9 mars 1933, Tino Rossi est engagé à l'Alcazar de Marseille. Le 3 mars 1933, dès la première du Gala de la Chanson à l'Alcazar de Marseille, le talent aidant, Tino rencontre dès le départ un vif succès et échappe ainsi à la séquence "jeter de tomates". Bien au contraire, le public le rappelle chaque soir !
  • Le 3 avril 1933, Le Grand Gala des Vedettes, organisé par MM. Milliard et Robert-Trébor, se produit à Toulouse, au Théâtre des Nouveautés. En vedettes principales, sont présents la chanteuse réaliste Berthe Sylva, les fantaisistes Cherry Kobler et Darcelys ainsi que le baryton Grandini. En vedettes additionnelles, sont présents le ténorino Tino Rossi, la chanteuse Geneviève Irvin ainsi que des acrobates.
  • Le 20 mai 1933, Tino Rossi est engagé, pour la somme de 270 francs, pour 2 représentations à Sète le 25 mai 1933, au Casino-Kursaal.
  • Le 29 mai 1933, Tino Rossi participe, à Aix-en-Provence, au Casino Municipal, à une conférence dirigée par M. le Pr. Paul Arrighi suivie d'un gala de chansons corses.
  • Le 3 juin 1933, Tino Rossi participe à un concert radiophonique organisé par le Groupe Littéraire et Artistique Corse Kallisté, présidé par M. le Professeur agrégé d'université - Paul Arrighi, sur le poste Marseille-PTT, où il interprète trois chansons : U core un po' stanca (jamais enregistrée), Canzona di u cucu (enregistrée ultérieurement) et enfin Nini-Nanna . Tino est accompagné par son guitariste attitré M. Paul Bozzi. Le chef d'orchestre est un certain Xavier Tomasi, probablement le frère de Henri Tomasi. Tino Rossi y est présenté comme "ténorino des principaux concerts", 6 mois à peine après son premier passage à la radio.

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Le contrat de sa vie avec Columbia

Vient rapidement le tour de la maison de disques Columbia de s'intéresser à lui. En effet, dans le petit milieu de la musique et du disque, tout finit par se savoir... Les gens s'informent, se tiennent au courant de tout ce qu'il se passe chez les concurrents... 

À Ajaccio, un représentant des Disques Columbia entend le disque Parlophone du petit corse joué en boucle dans le magasin de musique Minighetti et avertit sa direction dès son retour à Paris... Un certain Jean Bérard, Directeur des Disques Columbia, tombe immédiatement en admiration en écoutant le Parlophone du petit corse...

En 1933, Columbia lui adresse donc, au début du mois de Juin, une proposition de contrat intéressante autant pécuniairement qu'artistiquement. 

  • En effet son très dynamique Directeur Jean Bérard est un pionnier dans le domaine novateur de la publicité, appliqué au monde du disque ; la maison Columbia est une maison jeune et dynamique.
  • De surcroît, Columbia est à cette époque la maison de disques étant équipée des meilleures machines d'enregistrement en studio, avec les meilleures machines à graver et les meilleurs équipements électriques d'amplification. 
  • Et dès Janvier 1934, Columbia sera la première maison en France à recevoir les microphones à ruban à la sonorité totalement naturelle, en remplacement des microphones à charbon légèrement nasillards. 
  • Cet intérêt pour la qualité des matériels est de la volonté expresse de M. Jean Bérard et constitue un atout majeur dans la qualité de la restitution sonore des voix...

1933MarqueColumbia

Toujours au mois de Juin 1933, Tino Rossi revient à Paris pour rencontrer M. Jean Bérard au siège de la Columbia, rue d'Angoulême. Celui-ci convainc Tino qu'il peut l'aider à lancer sa carrière grâce à ses méthodes de promotion modernes.

Après cette entrevue, Tino Rossi ne signe pas immédiatement. Il prend son temps. En effet, il a demandé un délai de réflexion avant un éventuel engagement.

Il retourne donc dans les Bouches-du-Rhône à l'issue de ce rendez-vous prometteur.

  • Le 24 juin 1933, Tino Rossi participe, en tant que ténorino, à une soirée régionaliste corse donnée dans la salle municipale au 50, rue des dominicaines à Marseille. Il y interprète des chansons corses. Il s'agit très probablement de son dernier spectacle avant qu'il ne signe chez Columbia.

Après mûre réflexion et au vu des perspectives, Tino Rossi choisit alors de s'engager chez Columbia, nonobstant une contre-proposition des Disques Parlophone ne voulant pas le laisser partir, un pont d'or, paraît-il... Ainsi que des propositions tout aussi mirobolantes de la part des maisons Pathé, Gramophone et Odéon.

  • Nota 1 : en Décembre 1932, la maison Parlophone n'ayant pas proposé de contrat à Tino Rossi, celui-ci, sans engagement, restait alors libre de signer ailleurs.
  • Nota 2 : Tino Rossi signe donc chez Columbia nonobstant qu'il y était moins rémunéré que partout ailleurs ; mais il explique avoir tout de suite "senti" favorablement Jean Bérard et avait eu immédiatement confiance en lui. De plus, Tino avait remarqué que les plus grandes vedettes du moment étaient presque toutes chez Columbia.

Une fois signé le contrat avec la Columbia dans le courant du mois de Juin 1933, Tino Rossi s'installe définitivement à Paris à la fin du mois de Juin 1933.

Parallèlement, Tino Rossi réussit à se faire engager comme simple Boy au Casino de Paris, ce qui lui permettra de s'assurer un revenu modeste mais régulier pendant quelques mois. 

  • Il participe alors, en anonyme, aux divers numéros des revues qui y sont données, en qualité de simple figurant faisant partie du décor pour de célèbres vedettes du spectacle. 
  • Tino Rossi qualifiera plus tard cet ancien travail de mécanique, répétitif, harassant voire déprimant, mais lui ayant appris les coulisses des métiers du spectacle.

Tino Rossi enregistre le 3 juillet 1933 ses deux premiers 78 tours (soit 4 titres) sous le nouveau label Columbia. Il s'agit de 4 mélodies Corses :

  • Berceuse,
  • A Rustaglia,
  • Ajacciu bellu,
  • Canzona di u cucu.

Il est accompagné par le célèbre Trio de Guitares Corses Agostini.

Ci-contre sont éditées à la même époque les premières cartolines publicitaires des Disques Columbia à l'effigie de Tino Rossi (Photographie Arnal - Coll. C. R-V.)

Ces deux 78 tours Columbia sont commercialisés en Octobre 1933.

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1933.10ExtrSupplColumbiaNum80

Ci-dessus : extrait du supplément des Disques Columbia n°80 d'Octobre 1933 - Coll. C. R-V.

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Ci-contre : test-pressing (édité DF1296) de la première chanson enregistrée par Tino Rossi sur Disques Columbia.

À noter que le test-pressing est signé de la main de Tino Rossi, autorisant l'édition de l’œuvre par l'interprète, comme il est d'usage au début des années 1930.

(Coll. C. R-V.)

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  • 78ToursDF1296FaceA
  • 78ToursDF1296FaceB
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Ci-dessus : les 2 premiers 78 Tours enregistrés par Tino Rossi chez Columbia - DF1296 & DF1297, commercialisés en Octobre 1933. Accompagné par le Trio Agostini. (Coll. C. R-V.)

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Tino Rossi enregistre aussi, en français, le 8 juillet 1933 La Sérénade de Toselli (première version demeurée inédite jusqu'à présent), ainsi qu'une très jolie chanson ancienne romantique : Quand reviendront les hirondelles. Ces deux versions d'ailleurs resteront inédites.

Ci-contre : Test-pressing inédit (non validé) de la Sérénade de Toselli, enregistrée le 8 juillet 1933.

Pourtant, l'interprétation y est émouvante et l'accompagnement de mandolines excellent et complètement original.

Un nouvel enregistrement réalisé en 1938 sera, lui, édité : c'est celui que tout le monde connaît...

(Coll. C. R-V.)

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78ToursTestPressingToselliInedit

En 1933, toujours, Columbia lui confie aussi l'enregistrement de Refrains Chantés. Tino Rossi sert alors d'accompagnateur pour les orchestres de Tangos Argentins d'Auguste-Jean Pesenti puis d'Orlando. 

Ces disques avec refrain chanté par Tino Rossi remportent un franc succès, mais Tino ne saurait se contenter de servir seulement d'appoint dans un orchestre de danse, fût-il célèbre...

  • Le 30 octobre 1933, Tino Rossi avec d'autres vedettes Columbia, telles que Gilles et Julien et Marianne Oswald, participe à une Conférence Charles Cros, à Lyon. La conférence intitulée "Dans les coulisses du disque" est présidée par M. le Directeur Commercial des disques Columbia - Jean Bérard. Il s'agit de démonstrations comparatives concernant la qualité de reproduction des enregistrements mécaniques et des  platines disques modernes directement face aux chanteurs présents durant ces conférences.
    • En plus de promouvoir l'industrie du disque et spécialement de la Columbia, ce type de conférences sert aussi la notoriété des vedettes.

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Tino... Le Napoléon du 78 Tours

Ce que veut Tino Rossi, c'est chanter des chansons complètes et enregistrer des disques en son nom seul.

Ainsi, le 2 novembre 1933, il parvient à enregistrer le 78 Tours "Le Tango de Marilou / Viens Aimer", sous la direction d'orchestre de Jean Jacquin. Ce sera le succès immédiat du titre "Tango de Marilou" qui l'accompagnera d'ailleurs toute sa carrière dans ses tours de chants et ce jusqu'à sa conclusion au Casino de Paris le 2 janvier 1983.

Nous pouvons affirmer que le "Tango de Marilou" sera le premier Tube de Tino.

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Ci-dessus : 78 Tours DF1338. Premier "tube" de Tino Rossi avec le "Tango de Marilou". Enregistrements du 2 novembre 1933 - commercialisés en Décembre 1933. (Coll. C. R-V.)

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1933.12ExtrSupplColumbiaNum82

1933.12TinoRossiPubColumbia

Ci-dessus : la toute première photographie sur cartoline grand format utilisée par Columbia dans ses catalogues de disques (Supplément Columbia N°82 de Décembre 1933).

Photographie Arnal - 2ème semestre 1933 - Coll. C. R-V.

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En 1934, à partir de cette année-là, Tino Rossi va désormais enregistrer en son nom seul - et seulement - des chansons entières... (à l'exception notable de deux titres (Un tango pleure & Apprenez-moi des mots d'amour) où il officie pour la dernière fois en tant que "Refrain Chanté").

Tino Rossi multiplie alors les enregistrements à succès de tous les styles tels que :

  • J’ai rêvé d'une fleur (opérette),
  • L'Aubade du roi d’Ys (classique),
  • Parlami d'amore Mariu (Bel canto),
  • Venise et Bretagne (chanson),
  • Près de la cascade (musique de film musical) ...

Venise et Bretagne bercera d'ailleurs l'enfance très francophile de la Reine de Grande-Bretagne et d'Irlande-du-Nord Elizabeth II, élevée par une nourrice française...

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Ci-dessus : premier supplément-catalogue des Disques Columbia n°87 - Mai 1934, où Tino Rossi fait la couverture. (Coll. C. R-V.)

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  • Le 6 janvier 1934, Tino Rossi chante au Grand bal de nuit annuel pour les Orphelins de l'Aviation, placé sous le haut-patronage du Ministre de l'Air, au Cercle National des Armées, place Saint-Augustin à Paris, où il remporte un grand succès. Participent aussi à la soirée le baryton Marcel's, le ténor Miguel Villabella, le chanteur Jean Sorbier...
  • Le 10 janvier 1934, Tino Rossi participe à une soirée music-hall présentée par R-P Groff, avec Chef d'orchestre Armand Bernard, en direct au poste Paris-PTT.
  • Les 13 et 18 mars 1934 et le 9 avril 1934, Tino Rossi interprète ses chansons corses tirées de ses deux 78 tours Columbia en corse à la radio, sur le Poste-Parisien.
  • Le 22 mars 1934, Conférence Charles Cros à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées avec Georges Thill, Germaine Martinelli, Damia, Gilles et Julien, Raphaël Médina... En plus de promouvoir l'industrie du disque et spécialement de la Columbia, ces conférences servent aussi la notoriété des vedettes.
  • Le 9 avril 1934, Tino Rossi et Lys Gauty sont en gala sur la radio Le Poste Parisien, accompagnés par l'orchestre cubain Oscar Callé, du Mélody's.

Que ce soit, dans les spectacles donnés dans les salles, que ce soit à la radio ou que ce soit sur ses premiers enregistrements, le succès rencontré par M. Tino Rossi s'avère prometteur.  De plus, un courrier abondant commence à arriver chez Columbia. 

La firme comprend qu'elle tient un  oiseau rare et l'intègre alors dans sa première tournée du 28 avril au 17 mai 1934 avec Damia et Gilles et Julien, accompagnés du pianiste Marcel Gaveau. 

  • Tino Rossi passe notamment à Lille le 28 avril 1934 ; à Orléans le 29 avril 1934 au théâtre municipal ; à Troyes le 30 avril 1934 au Cirque Municipal ; à Rennes le 3 mai 1934 au Royal ; à Angers le 4 mai 1934 au Grand Théâtre, à Versailles le 6 mai 1934 au Théâtre Municipal, à Ajaccio le 10 mai 1934, à Amiens le 12 mai 1934 au Théâtre Municipal où il reçoit toujours un excellent accueil. 
  • Tino Rossi interprète notamment Le Tango de Marilou ; Près de la cascade et Maître Pathelin. Sa prestation dans Manon - le rêve de Des Grieux est remarquée.

Damia sera également d'une grande aide pour Tino. Au cours de cette tournée, qui commençait dans la ville de Lille, la Tragédienne de la Chanson, comme on l'appelait alors, lui prodigua beaucoup de conseils sur la manière de se tenir sur scène, notamment ne pas multiplier à l'excès les gestes, comme il en était sérieusement usé et abusé à cette époque - les gesticulations outrancières étaient alors très en vogue - .

Damia lui conseilla cette forme de retenue (certains dirons : de raideur) à laquelle Tino se conformera sur scène toute sa vie.

  • Dans les dernières années de la vie de cette ancienne vedette, c'est Tino qui honorait discrètement les loyers de Damia alors dans le besoin, par reconnaissance.

Un nouvel établissement de music-hall ouvre en 1934 à Paris, il s'agit de l'A.B.C. Les duettistes Gilles et Julien y sont engagés avec d'autres vedettes, tel Doumel, Edmée Favart, Jean Marsac, Paul Colline, pour deux semaines. Grâce à leur intervention auprès du Directeur de ce nouvel établissement - M. Mitty Goldin, Tino Rossi y est engagé aussi et inaugurera donc ce nouvel établissement.

  • Du 1er au 15 juin 1934, Tino Rossi chante à l'A.B.C de Paris qui vient juste d'ouvrir. Tino y chante en smoking. Il y rencontre un certain succès, notamment avec son Tango de Marilou et D'une gondole et à chaque fin de représentation, ses disques se vendent comme des petits pains et se dédicacent à la chaîne. C'est d'ailleurs Jean Bérard qui livre lui-même les piles de disques à l'A.B.C...

1934TinoRossiEnHabit

Ci-dessus : Tino Rossi au début 1934 lorsqu'il chante encore en smoking dans ses premières tournées en tant que chanteur qui commence à être connu.

Photographie Arnal - 1934 - Coll. C. R-V.

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  • Le 18 juin 1934, avec Damia + Gilles et Julien, Tino Rossi est diffusé en radio, sur le Poste Parisien, et étend son répertoire en chantant : Près de la cascade ; Un soir... Pas d'avantage ; Vous... Qu'avez-vous fait de mon amour ? et D'une Gondole... Accompagné par l'orchestre Maurice Alexander.
  • Le 20 juin 1934, Tino Rossi participe au dîner de charité donné pour "Les Amis des Tuberculeux" à Paris. Tino clôt le spectacle par ses interprétations qui, il est vrai, ont le don de faire oublier toutes les misères de la vie.
  • Du 22 au 28 juin 1934, Damia, Gilles et Julien, le pianiste Marcel Gaveau et Tino Rossi (la révélation de l'année) sont en gala à Lyon, au Cinéma Pathé-Natan.
  • Le 16 juillet 1934, Tino Rossi, une nouvelle fois à radio sur le Poste Parisien, interprète cette fois-ci un récital de chansons napolitaines et italiennes (domaine où il excelle aussi), accompagné de la grande mandoliniste confirmée Maria Scivittaro et de la violoncelliste Marika Bernard.
  • En Août 1934, Tino Rossi participe avec Marianne Oswald (vedette principale), Robert Burnier et Claude Pingault à une tournée de deux semaines dans les villes d'eaux telles que Nice, Juan-les-pins, Cannes, Nice, Bandol, Arcachon, Deauville... Lausanne le 7 août 1934, Genève le 8 août 1934, Vichy le 10 août 1934, Brides-les bains le 12 août 1934, Chamonix le 13 août 1934, Aix-les-Bains le 14 août 1934, La Baule le 20 août 1934, Biarritz le 23 août 1934...

Il est un fait remarquable que dès ses débuts, partout où Tino passe et où on l'entend, alors qu'il n'est encore pas célèbre, les "témoins" veulent tous posséder ses disques. Tino est vendeur. Tino vend du disque. D'ailleurs, il sera surnommé plus tard Le Napoléon du 78 tours, à juste titre.

Tino Rossi est d'abord une voix, mais surtout des harmoniques. Des harmoniques si particulières que le public conquis veut repartir chez lui en possédant copie de cette voix peu ordinaire...

Dopé par ses premiers succès, Tino Rossi, classé « Chanteur », est également inscrit à la rubrique « Ténor » dans les catalogues des disques Columbia des années 1930 répertoriant les interprétations classiques.

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Ci-dessus : célèbre cartoline grand format de Tino Rossi avec guitare et costume corse, utilisée par les Disques Columbia.

Photographie Arnal - 1934 - Coll. C. R-V.

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  • Le 30 juillet 1934, Tino Rossi est engagé en tant qu'artiste au Casino de Paris en vue de participer à la prochaine revue Parade de France, par Henri Varna son Directeur. 
    • Il est détecté par un librettiste très connu alors : Marc Cab - qui encourage Henri Varna à l'engager. 
    • Cette revue, dont la première représentation se tient le 26 septembre 1934, comprend 65 décors et 250 artistes. 
    • Le contrat d'engagement au Casino de Paris stipule un cachet de 100 francs par jour de représentation.
    • Il s'agit de la revue la plus importante depuis la fondation de ce casino. Tino Rossi y est révélé. Il chante revêtu de son fameux costume corse. Le succès et le triomphe seront immédiats, dès les premières soirées.
    •  Tino débute son tour de chant à 22H30 par Vieni... Vieni... et enchaîne par Ô Corse, île d'amour...
    • Comme le soutient la légende, Tino Rossi conquiert son statut de superstar au soir du 14 octobre 1934 - son nom commence à grossir dans la presse à partir de cette période ; son succès ne se démentira plus jamais après cette date cruciale.
  • Voir détails en page Tino Rossi - les Revues à Grand Spectacle.


Ci-contre & ci-dessous : Tino Rossi à la fin 1934, alors revêtu de son tout nouveau Costume Corse pour le Casino de Paris.

Photographie X - 1934 - Coll. C. R-V.

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Comme Henri Varna ne veut pas augmenter le cachet (de 100 francs par jour) de M. Tino Rossi, se réfugiant derrière le contrat déjà signé, et ce malgré sa prise d'importance, Tino Rossi, qui est alors très demandé n'a d'autre solution que de "doubler" en parcourant les cabarets de Paris après le spectacle du Casino de Paris :

  • Le 15 décembre 1934, Tino Rossi chante à l'Hôtel de Ville de Levallois-Perret au grand gala présidé par Me de Moro-Giafferi, accompagné de Damia, Florelle, Raymond Souplex...
  • Du 22 au 29 décembre 1934, Tino Rossi chante au Montecristo (8, rue Fromentin), après minuit.
  • Le 24 décembre 1934, Tino Rossi est en gala à Paris, 84 rue de Grenelle, salle des horticulteurs, pour le Grand Gala Corse de Noël, accompagné du ténor corse Gaston Micheletti (de l'Opéra Comique).
  • idem en 1935 (voir ci-dessous).

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Tino Rossi à ses débuts sur scène, après avoir abandonné le traditionnel smoking noir, désormais accoutré en "corse typique", sur scène en 1934  très probablement au Casino de Paris, ou dans un club où il "double" - Nota : Tino Rossi chante alors sans microphone.

Photographie X - Coll. C. R-V.

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  • Au 31 décembre 1934, Tino Rossi, qui n'a pas encore atteint sa notoriété maximale, parvient à vendre cette année 415.000 disques 78 tours, ce qui constitue à cette époque, un score colossal.

En 1935, Tino Rossi est très demandé dès ce début d'année. On se l'arrache partout, alors qu'il est en spectacle tous les jours au Casino de Paris, et qu'il double déjà dans d'autres cabarets, en plus des séances d'enregistrements de ses 78 tours....

  • Le 31 janvier 1935, Tino Rossi participe au gala donné au prestigieux Théâtre des Champs-Élysées organisé par le Club du Disque et de la Radio, parmi pléthore de vedettes. Parmi elles : Charles et Johny, Gilles et Julien, Jean Lumière, Suzy Solidor, Lys Gauty, Yvette Guilbert, Georgius, Charpini et Brancato, Marianne Oswald, Stéphane Grapelli, Manuel Pizarro, A.J. Pesenti, Gus Viseur etc...
  • Le 12 février 1935, Tino Rossi reprend ses représentations dans la revue Parade de France après un arrêt de travail de quelques jours.
  • Le 14 février 1935, Tino Rossi enchaîne par le prestigieux Gala de la Marine donné à l'Opéra Garnier. Ce gala est placé sous le haut patronage de M. le Président de la République - Albert Lebrun.
  • Tino Rossi vient interpréter ses créations parmi pléthore de grandes vedettes de l'époque telles que Berthe Bovy, Pils & Tabet, Jacqueline Claude, Saint-Granier qui présente aussi le spectacle, Joséphine Baker, Lys Gauty, Marie Dubas, Jeanne Aubert, le danseur étoile Serge Lifar, l'actrice Simone Simon ; le tout parmi de somptueux décors.

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  • Il s'agit là d'un réel privilège d'avoir pu être d'un tel événement.
  • Il est à noter que dès le début 1935, l'Armée Française et les plus hautes institutions de la République ont donc "adopté" Tino Rossi et reconnu en lui un talent certain et que jamais, à cette époque, un artiste "approximatif" n'eût été invité à se produire dans un tel spectacle d'un si haut prestige et d'une telle envergure devant M. le Président de la République...
  • Le 20 février 1935, Tino Rossi participe au Dîner des Escholiers, à Paris, au Claridge, où il chante à l’issue du repas, pour les invités.
  • Du 1er au 7 mars 1935, Tino Rossi est en gala à Paris, au Cinéma Pathé-Natan-Lyon, accompagné par l'orchestre Racosta.
  • Le 2 mars 1935, Tino Rossi est en gala à Paris, 84 rue de Grenelle, salle des horticulteurs, pour le Grand Gala Corse, accompagné du ténor corse Gaston Micheletti (de l'Opéra Comique), au cours duquel sera élue la Reine de Beauté des Corses 1935...
  • Du 8 au 15 mars 1935, Tino Rossi est en gala à Paris, au Cinéma Pathé-Natan-Saint-Marcel, accompagné par l'orchestre Soulier.
  • Le 22 mars 1935, Tino Rossi participe avec d'autres vedettes du disque (dont Nitta Jo et Milton) au Gala des Vedettes Columbia radiodiffusé sur le Poste Parisien (au piano : Joseph Benvenuti). Il y interprète en direct les chansons suivantes : Vieni... Vieni, Noël en mer et Lentement dans la nuit. Fait révélateur, le succès est tel pour Tino que les auditeurs écrivent en masse aux journaux. Le triomphe de l'interprète est total.
  • Du 22 au 28 mars 1935, Tino Rossi est en gala à Paris, à l'Européen.
  • Le 23 mars 1935, rebelote, Tino Rossi est en gala au Magic City (180, rue de l'université - Paris), pour l'élection de la Reine des Reines de Paris et celle de l'Impératrice des provinces françaises !
  • Du 29 mars au 5 avril 1935, Tino Rossi est en gala à Paris, au Cinéma Pathé-Métropole.

Ci-contre : couverture du second supplément catalogue des Disques Columbia (n°97 - Avril 1935), dont Tino Rossi figure en couverture, à l'occasion de nouvelles sorties de disques.

(Coll. C. R-V.)

1935.04SecondeCouvCatalogueColumbiaN97

  • Le 6 avril 1935, Tino Rossi et Jean Clément en concert à Radio Paris. Tino chante : Le tango de Marilou, Voulez-vous Lisette ? et Viens aimer.
  • Le 10 avril 1935, Jean Wiener & Clément Doucet, Tino Rossi, Lys Gauty, Edmée Favart et Berthe Bovy chantent en gala radiodiffusé en direct sur le Poste Parisien.
  • Le 2 mai 1935, Tino Rossi participe au gala de charité donné au Florian à Paris, au profit des Gueules Cassées et des Orphelins de l'Aviation, autour des grandes vedettes du music-hall de l'époque.
  • Du 3 au 9 mai 1935, Tino Rossi se produit en direct au Cinéma Pathé-Orléans, à Paris.
  • Du 10 au 16 mai 1935, Tino Rossi se produit en direct à Bobino.
  • Du 17 au 31 mai 1935, Tino Rossi se produit en direct à l'A.B.C.
  • Du 1er au 15 juin 1935, Tino Rossi se produit en direct à l'Européen.
  • Le 4 juin 1935, Tino Rossi participe au gala de charité du Bal des Petits Lits Blancs qui est donné au Cercle Interallié de Paris, avec d'autres vedettes telles que le ténor Georges Thill, le danseur Serge Lifar, la danseuse Lisa Duncan, l'acteur Fernand Gravey, le chanteur Maurice Chevalier...
  • Le 5 juin 1935, Tino Rossi est présent, avec Lys Gauty, lors de l'inauguration de la Maison LANCÔME S.A. au 29 rue du faubourg Saint-Honoré. Il y interprète ses derniers succès lors de la présentation des 5 parfums lancés ce jour-là par la toute nouvelle maison de luxe.
  • Le 17 juin 1935, Tino Rossi, accompagné de ses guitaristes, participe au gala de charité La Fête de l’Eau donné à la Piscine Molitor de Paris, au bénéficie de la caisse de secours de l’Union des Artistes.
  • Le 19 juin 1935, Tino Rossi chante au Dîner des 300, repas caritatif donné au Pré Catalan (à Paris) pour l'entr'aide des femmes françaises.
  • Du 22 au 27 juin 1935, Tino Rossi chante en direct au Cinéma des Batignoles...
  • Le 25 juin 1935, Tino Rossi participe au Grand Bal annuel de l’école HEC, au Théâtre de Verdure du Cercle Interallié de Paris, accompagné, notamment de Serge Lifar.
  • Le 26 juin 1935, Tino Rossi chante, malgré sa fatigue, entouré de multiples vedettes, au Cirque d'Hiver de Paris, pour le gala de bienfaisance donné au bénéfice de l’œuvre sociale israélite Pour nos Enfants.
  • Le 7 juillet 1935, Tino Rossi chante, entouré de multiples vedettes, au Théâtre d’Été au Jardin d'Acclimatation, pour La Journée des Mascottes.

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Ci-dessus : portrait d'art où l'on voit Tino Rossi fort rarement avec cigarette en main.

Photographie Harcourt - Mai 1935 - Coll. C. R-V.

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Mais le chanteur ne veut pas seulement se cantonner aux seuls spectacles sur scène.  S'il souhaite enregistrer des mélodies corses et des chansons françaises à la mode du moment, il aime aussi enregistrer certaines compositions classiques, qu'il interprète d'ailleurs avec grande qualité, tact et émotion. 

Tino Rossi souhaite notamment enregistrer sur disque deux mélodies classiques composés par Reynaldo Hahn mais il souhaite l'accord préalable du Maître.

Toutefois, le 9 juillet 1935, confiant en son " poulain ", M.  Jean Richard, le Directeur des studios d'enregistrements Columbia à Paris, organise l’enregistrement à l’insu du Maître. 

Tino Rossi ne connut jamais la réponse à sa requête. 

  • Néanmoins, la qualité des gravures fit dire – peut-être non sans quelque ironique dépit – à Reynaldo Hahn : « [Sa] voix tire son attrait de cette matière somnambulique, de cette simplicité poussée à l'excès avec un art, probablement inconscient, du modelage musical. »
  • Il est vrai que ces deux interprétations sont si réussies que l'on s'en aperçoit aisément lorsque l'on en possède le 78 tours DF1783 neuf...
  • Nota : en Janvier 1938, Reynaldo Hahn reconnaît avoir été tinorossiste pendant quelques années, même si ensuite il ne l'était plus, à regret. En voici sa raison, en toute transparence dans Le Figaro : «ses ports de voix se sont multipliés au point de tout enrober dans une sorte de matière caraméleuse qui efface les contours mélodiques et, abandonnons cette métaphore compliquée, de transformer son chant, jadis si strict et si net malgré tout, en une suite de gémissements plaintifs.»

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Toujours en 1935, le succès de Tino Rossi ne se dément pas et enregistre beaucoup : 34 titres.

  • Du 12 juillet 1935 au 13 septembre 1935, sont radiodiffusés les Concerts Radiophoniques du Pèr-Lustucru (galas préenregistrés pour une diffusion en été 1935 sur plusieurs radios françaises). Participent notamment à ces concerts : Bach et Laverne, Tino Rossi, Georgius, Damia, Paul Colline...
  • Le 27 Juillet 1935, Tino Rossi est en gala à Vittel, à la salle des fêtes, avec Géo Charley et Reine Paulet...
  • Le 15 août 1935, Tino Rossi est en Corse, à Ajaccio, où il célèbre la naissance de Napoléon Bonaparte, en interprétant l'Ave Maria (de Gounod).
  • Le 28 août 1935, Tino Rossi et la cantatrice Jeanine Micheau donnent un concert radiodiffusé au Poste Parisien.
  • Le 30 août 1935, Tino Rossi, Lucienne Boyer et les duettistes Pills & Tabet sont en spectacle à Bordeaux, au Théâtre Français.
  • Le 31 août 1935, Tino Rossi part en tournée en Suisse et les environs. Tino chante à Genève (au Kursaal) du 6 au 11 septembre 1935.
  • Du 13 au 20 septembre 1935, Tino Rossi et Marie Dubas sont engagés à Bobino (le contrat date du 12 juillet 1935) pour le spectacle de réouverture.Tino y rencontre un franc succès : il fait salle comble jusqu'au 20 septembre 1935. L'engagement de Tino Rossi est prorogé jusqu'au 26 septembre 1935 inclus.
  • Le 15 septembre 1935 au matin, Tino Rossi est interviewé le matin par le journal l'Intransigeant au Grand Palais (Paris).
  • Le 15 septembre 1935 à 20H00, Tino Rossi, Damia, Guy Berry, Jean Granier, Marguerite Gilbert, Blanche Féline, le trio  Jean, Jac & Jo et Pierre Dac inaugurent par leur présence l'ouverture de la nouvelle station Radio-Cité créée ce jour, en y donnant un concert qui est, bien sûr, radiodiffusé (émission Radio-Cité Music-Hall).
  • Le 16 septembre 1935, Tino Rossi participe avec Lys Gauty, Guy Berry, Jacqueline Claude et Germaine Beria à la Fête des Caf' Conc' qui se déroule au Vélodrome Buffalo, à Paris. Orchestre Adolphe Leprince.

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Ci-dessus : Tino Rossi au Vélodrome Buffalo de Paris pour la Fête des Caf' Conc'.

  • nous reconnaissons autour de Tino Rossi : Saint-Granier à sa droite, Lys Gauty à sa gauche, le boxeur Georges Carpentier derrière Tino de profil, ainsi que l'accordéoniste Fredo Gardoni (tenant l'instrument du confrère Alfeo Garibaldi - mystère-), et Henri Betti tout à droite du cliché.

Photographie X - 16 septembre 1935 - Coll. C. R-V.

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  • Du 27 au 29 septembre 1935, Tino Rossi, accompagné par l'orchestre argentin A.J. Pesenti, est en gala à Lausanne (Suisse) au Splendid.
  • Du 4 au 10 octobre 1935, Tino Rossi est de passage au Théâtre de l'Odéon de Marseille, où, accompagné de ses deux guitaristes, il met le feu à la salle. Le spectacle est localement décrit comme formidable et unique dans les annales artistiques de Marseille ! Parmi son tour de chant, il interprète notamment : Un soir... Pas d'avantage ; Vieni... Vieni... ; Maître Pathelin ; C'est à Capri. 
  • Le 7 octobre 1935, Tino Rossi est victime de sa première fake-news... En effet, une rumeur lancée auprès des rédactions de journaux fait état d'un grave accident de voiture de Tino dans le sud de la France, où il serait gravement blessé... Information totalement bidonnée.
  • Les 8 et 9 octobre 1935, Tino Rossi (le Napoléon de la chanson comme on le surnomme déjà) signe ses disques chez le grand disquaire de Marseille, la Maison Raphaël !
    • L'on organise régulièrement des séances de dédicaces dans des magasins de musique, où Tino vient signer ses disques 78 Tours. En plus de multiplier les ventes de disques par opportunité, inutile de dire que Tino a eu un bon entraînement dès le début de sa carrière ; c'est peut-être pour cette raison qu'il signera toute sa vie toujours abondamment pour le public...

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Ci-dessus : peu avant les séances de dédicaces de disques, par Tino Rossi à Marseille.

Photographie X - Octobre 1935 - Coll. C. R-V.

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  • Du 18 au 20 octobre 1935, Tino Rossi accompagné de ses guitaristes (dont Paul Bozzi) est en gala à Béziers, au Royal-Cinéma. Il chante : Ô Corse, île d'amour ; Romance ; O ciuciarella ; C'est à Capri ; Maître Pathelin ; Guitare d'amour ; Il pleut sur la route...
  • Le 20 octobre 1935, Tino Rossi est l'invité de l'Amicale des Corses de Béziers, au Café de la Comédie, pour un apéritif de bienvenue. Il y interprète pour l'assistance : A rustaglia ; Canzona di u cucu et L'Ajaccienne.
  • Du 25 octobre 1935 au 31 octobre 1935, Tino Rossi est en gala en vedette unique à Tunis, où il chante au Palmarium. (le Timgad lève l’ancre de Marseille, le 23 octobre 1935)
  • Le 2 novembre 1935, Tino Rossi est en gala à Constantine (Algérie).
  • Du 4 au 10 novembre 1935, Tino Rossi est en gala en vedette unique à Alger au Majestic, accompagné par ses guitaristes et par l'orchestre Conche et ses Aînés. Il fait salle comble et fait sensation auprès des corses d'Algérie. Il chante notamment : C'est à Capri ; Maître Pathelin ; Guitare d'Amour, Vieni... Vieni... ; Tango de Marilou...
  • Le 8 novembre 1935, Tino Rossi chante pendant 2 heures au cours d'un Thé de Gala, donné à Alger au 10, Bd Baudin, pour l’Association Générale des Étudiants d'Algérie.
  • Puis, Tino Rossi poursuit au Maroc en commençant par Fez puis Rabat pour conclure par Casablanca.
  • Le 23 novembre 1935, Tino Rossi se produit à Oran (Algérie). Il est reçu par l'association des Corses d'Oran, à la Maison du Colon.
  • Les 24 et 25 novembre 1935, Tino Rossi est en gala à Casablanca, au Maroc, au Rialto, accompagné de ses guitaristes. Il y chante notamment : Dans l'ombre du passé ; Vieni... Vieni... ; Tango de Marilou ; Chanson pour Nina ; Guitare d'amour ; Ô Corse, île d'amour ; Maître Pathelin.
  • Le 26 novembre 1935, Tino Rossi embarque à bord du S/S Meknès à destination de Bordeaux, accompagné de son épouse Faustine Rossi.
  • Du 29 novembre au 5 décembre 1935, Tino Rossi, de retour en métropole, est en gala à Bordeaux, au Théâtre Français accompagné de ses guitaristes corses.
  • Le 31 novembre 1935, Tino Rossi passe en surprise chanter au Gala de la Police à Bordeaux.
  • Du 6 au 12 décembre 1935, Tino Rossi, accompagné par ses guitaristes, est en gala à Toulouse, aux Variétés.
    • Le 10 décembre 1935, Tino Rossi dédicace ses disques au magasin Pathéphone, à Toulouse.
    • Le 11 décembre 1935, Tino Rossi dédicace ses disques au magasin Radiodisc, à Toulouse.
  • Les 13, 14 et 15 décembre 1935, Tino Rossi termine sa tournée en gala à Bayonne, au Théâtre Municipal.
  • Le 18 décembre 1935, Tino Rossi est de retour à Paris et donne une interview pour Radio-Cité.
  • Le 25 décembre 1935, Tino Rossi est en gala à Tours, mais il passe aussi à Radio-Cité en direct, avant le gala.
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Ci-dessus : cartolines publicitaires de poche (9 x 6 cm) Tino Rossi, Exclusivité Columbia éditées en Novembre 1935, puis en Septembre 1936. À noter la présence du Tango de Marilou et D'une Prison...

(coll. C. R-V.)

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En 1936, Tino Rossi est partout à la fois...

  • Du 3 au 9 janvier 1936, Tino Rossi accompagné de ses guitaristes chante à Brest, au Cinéma Le Celtic.
  • Le 13 janvier 1936, Tino Rossi chante en direct sur Radio-Cité.
  • Du 31 janvier au 2 février 1936, Tino Rossi chante à Troyes, au Cirque Municipal, où il interprète notamment : Ô Corse, île d'amour, C'est à Capri, Maître Pathelin, O ciuciarella, Guitare d'amour, Vieni... Vieni, Il pleut sur la route.
  • Le 4 février 1936, Tino Rossi et ses guitaristes, accompagné de Cinda Glenn, chante au Gala des Étoiles à Nantes, au Théâtre Graslin.
  • Le 6 février 1936, Tino Rossi et ses guitaristes sont en représentation à Roanne, au Palais des Fêtes.
  • Du 7 au 13 février 1936, Tino Rossi et ses guitaristes sont en représentation à Lyon, à l'Eldorado-Casino. Le comique Ouvrard est aussi du spectacle.
  • Du 14 au 16 février 1936, Tino Rossi et ses guitaristes sont en représentation à Saint-Étienne, au Cinéma Rex.
  • Le 17 février 1936, Tino Rossi, Maurice Chevalier, Marie Dubas et Fernandel participent au gala de soutien à la veuve du clown Antonet, au Cirque Medrano (Paris).
  • Du 21 février au 13 mars 1936 Tino Rossi donne son tour de chant à l'A.B.C de Paris en vedette principale. Le succès est une nouvelle fois au rendez-vous. Cinda Glenn, meneuse de revue qui a tourné dans Marinella avec Tino fait aussi partie du spectacle.
  • Le 23 février 1936, Tino Rossi chante au bénéfice de l'association israélite caritative Pour nos Enfants. Albert Préjean y participe également.
  • Le 1er mars 1936, Tino Rossi donne un concert à Radio-Cité accompagné par l'orchestre Jazz Wins où il interprète les chansons principales de son nouveau film Marinella.
  • Le 12 mars 1936, Tino Rossi accepte de prolonger à l'A.B.C, suite aux milliers de lettres de spectateurs et d'admirateurs (et surtout d'admiratrices) qui ont écrit massivement à la direction... Mais le spectacle est alors totalement renouvelé. Tino Rossi change tout son répertoire !
  • Du 14 au 26 mars 1936, Tino Rossi reprend la revue à l'A.B.C avec ses nouvelles chansons, accompagné cette fois-ci de Damia, plus tragique que jamais, qui présente sa dernière création : Sombre dimanche.

Une voix plein écran.

  • Tino Rossi commence  tout d'abord très-timidement sa carrière cinématographique dès 1934 par quelques « apparitions » vocales et silhouettes dans des films.  
  • Puis, en 1935, après sa participation chantante dans le film Justin de Marseille et son apparition en troubadour dans le film Ademaï au moyen âge qui ont été remarquées, Tino Rossi est contacté par un jeune producteur de film américain installé en France depuis seulement quelques années, M. Jack Forrester, qui lui a rédigé un scénario sur mesure où Tino tient le rôle principal du film..
  • Jack Forrester, convaincu et débordant d'enthousiasme, déclare à Tino Rossi, qu'il va lui produire son premier grand film et lui promet un énorme succès.
  • Aux doutes raisonnables alors exprimés par Tino sur sa propre capacité d'acteur, Jack Forrester lui répond sans hésiter : «Mon vieux, ce sera sensationnel, je te vois incarnant ce jeune homme. C'est une composition simple, naturelle, tu n'auras qu'à être toi et chanter. À l'avance, c'est gagné, tu peux en être sûr, ce sera un triomphe ! »
  • Tino Rossi est emballé par la proposition enthousiaste de M. Forrester qui y croit dur comme fer, et finalement accepte de se lancer dans l'aventure.
  • Aussi, lui est-il présenté le réalisateur du film, M. Pierre Caron, qui va se charger de tourner ce film écrit exprès pour «Tino».
  • Ainsi, le 14 mars 1936, sort (à l'Aubert Palace, à Paris), Marinella, un film de Pierre Caron, écrit sur mesure pour la nouvelle coqueluche du disque et de la T.S.F. C'est un triomphe immédiat. Partout, il y a des files d'attente interminables aux guichets...
    • Nous pouvons affirmer que Pierre Caron à réussi là le chef-d’œuvre de sa vie en tant que réalisateur.

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Ci-dessus : cartoline publicitaire grand format des Disques Columbia de 1936 - d'un tirage Forrester-Parant pour le film Marinella. (Coll. C. R-V.)

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Ci-contre : pour la 3ème fois en 2 ans, Tino Rossi fait encore la couverture du supplément-catalogue des Disques Columbia (n°108 - Avril 1936), et "casse la baraque" avec ce film et les disques y attachés.

(Coll. C. R-V.)

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De Tino Rossi au Front Populaire... Au hasard de l'histoire...

Coïncidence de l'époque, les mélodies de Vincent Scotto qu'il interprète dans le film Marinella accompagneront l'arrivée du Front Populaire au pouvoir.

Il s'agit des titres Marinella, Tchi-tchi, J'aime les femmes c'est ma folie & Laissez-moi vous aimer,  sur des paroles signées Émile Audiffred (également son imprésario), René Pujol et Géo Koger.

Même si Tino Rossi  s'est toujours tenu très éloigné des considérations politiques, il va cependant chanter pour les grévistes, notamment dans le hall des Galeries Lafayette, pour donner du baume au cœur des vendeuses et autres cousettes qui faisaient alors la "grève sur le tas".

Il convient de préciser que les deux événements (émergence de Tino Rossi au cinéma et émergence du Front Populaire) se sont bel et bien superposés dans le même espace-temps mais n'ont pas été imbriqués.

Dans l'Émission de Philippe Alfonsi diffusée le 15 janvier 1980, sur Europe 1 - Grandes Ondes nous vous proposons de redécouvrir cet épisode si particulier (coll. C. R-V.)


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Ci-dessus : portrait promotionnel de Tino Rossi dans son vrai premier grand film, Marinella, qui lui ouvre en grand les portes du 7ème Art.

Photographie Forrester Parant - 1936 - Coll. C. R-V.

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Dans la foulée, Tino Rossi enchaîne cette même année dans une série de péripéties à l'accent corse dans le film Au son des guitares (avec cet immense succès Tant qu'il y aura des étoiles) réalisé par Pierre-Jean Ducis, puis enchaînera avec le chef d’œuvre Naples au baiser de feu (1937) réalisé par Augusto Genina, avec pour partenaires les grandes vedettes Viviane Romance et Mireille Balin, sans oublier Michel Simon, Marcel Dalio et les dialogues de Henri Jeanson.

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  • Du 16 au 22 mars 1936, Tino Rossi chante aussi au cinéma Pathé-Orléans (à Paris).
  • Du 20 au 26 mars 1936, Tino Rossi chante aussi, en matinée, au cinéma Bécon-Palace (à Courbevoie)
  • Du 27 mars au 3 avril 1936, Tino Rossi est en représentation à l'Européen en vedette principale.
  • Le 5 avril 1936, Tino Rossi est l'invité d'un vin d'honneur donné à son succès et à sa gloire par l'Amicale des Corses de Courbevoie. L'événement se déroule à Paris, Avenue Marceau, chez M. Gaston Delacourte. Tino Rossi y interprète Nini Nana.
  • Le 8 avril 1936, Tino Rossi chante à l'Université Populaire de Saint-Denis, au Théâtre de la Kermesse. Il y interprète ses plus grands succès tels que Il pleut sur la route, Adieu Hawaï.
  • Du 10 au 16 avril 1936, Tino Rossi chante à Lille, au Cinéma le Rexy, accompagné par ses guitaristes, puis poursuit dans le Nord de la France.
  • Le 30 avril 1936, Tino Rossi est présent Salle Wagram à Paris, pour le match de boxe entre Charles Rutz et Tino Rolando. Après le match, Tino Rossi chante en concert privé pour Charles Rutz.
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Ci-dessus : petite biographie bien sympathique sur Tino -

(CinéFrance -  n°23 - Avril 1936. Coll. M. Alain Brochet.)

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  • Le 5 mai 1936, Tino Rossi chante en direct sur les ondes de Radio-Cité.
  • Le 12 mai 1936, Tino Rossi est reçu sur Radio-Schaerbeek (Belgique).
  • Le 20 mai 1936, Tino Rossi est en gala à Saint-Quentin-dans-l'Aisne, au Carillon.
  • Le 21 mai 1936, Tino Rossi est en gala à Amiens, au Palace.
  • Du 12 au 18 juin 1936, Tino Rossi chante au cinéma Saint-Marcel-Pathé (à Paris).
  • Le 17 juin 1936, Tino Rossi chante au gala de charité donné au Cirque d'Hiver au bénéfice de l'association israélite Pour nos Enfants.
  • Du 19 au 26 juin 1936, Tino Rossi chante en gala au Kursaal de Genève (Suisse), cette fois-ci en vedette principale.
  • Le 5 juillet 1936, Tino Rossi, de retour de Suisse, passe soutenir son ami, le cycliste Charles Pélissier à Cholet, dans une épreuve sportive locale. Tino donne le départ de la course, en personne, et en profite pour chanter à la foule les grands succès de son répertoire : Marinella ; Un violon dans la nuit ; Chanson pour Nina ; Ô Corse ! Île d'amour  et Guitare d'amour.
  • À partir du 2 août 1936, Tino Rossi est en tournée d'été. Il commence par Deauville le 2 août. Puis il part en Belgique où notamment le 5 août 1936 il chante au Casino-Kursaal d'Ostende en Belgique accompagné par l'orchestre de Paul Godwin. Le 8 août 1936 il est à Dinard au Balneum... Le 9 août 1936 à Brest... Le 10 août 1936 à La Baule, au Casino Municipal... Le 11 août 1936 aux Sables-d'Olonne... Le 15 août 1936 à Biarritz, au Casino Municipal... Le 18 août 1936 à Cannes, au Palm Beach - pour le bal des petits lits blancs... Le 22 août 1936 à Juan-les-Pins, au Casino... Le 23 août 1936 à Saint-Raphaël... Le 28 août 1936 à Vichy. Il y interprète ses derniers succès comme : D'Ajaccio à Bonifacio, Marinella, D'un bateau, Chanson pour Nina, Un violon dans la nuit, Vieni... Vieni.
  • Puis Tino Rossi remonte vers Paris pour participer aux répétitions de la nouvelle grande revue à venir. Il participe au passage à un gala de charité le 6 septembre 1936 à Ris-Orangis au Théâtre de Verdure, au bénéfice des Retraités des Artistes du Spectacle de la Fondation Dranem. Il y interprète 15 de ses succès.
  • En Août 1936, Petit Louis, qui avait fait débuter Tino Rossi en 1930 et ce jusqu'en 1932, organise ses derniers spectacles dans les alentours d'Aix-en-Provence. En Septembre 1936, Petit-Louis rejoint Tino Rossi à Paris et devient son secrétaire particulier à temps complet, une fois Tino Rossi devenu une vedette confirmée. Il restera à son service jusqu'à sa disparition dans les années 1950.
  • Vers le 17 septembre 1936, Tino Rossi reçoit le baptême de l'air. En effet, c'est la première fois qu'il prend l'avion. Le départ est à Marseille, l'arrivée est en Corse. Pendant le vol, il est accompagné par Paul Azaïs avec qui il terminent les dernières scènes du film Au son des guitares.

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Ci-dessus : célèbre portrait de Tino Rossi par Harcourt, période revue Tout Paris Chante.

  • Dédicacé par Tino à M. Pierre Barlatier, alors grand journaliste de la presse écrite à Comœdia avant guerre.

Photographie Harcourt - 1936 - Coll. C. R-V.

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Puis vient à nouveau le Casino de Paris à partir du 30 septembre 1936, cette fois-ci en tête d'affiche et en exclusivité pour la revue Tout Paris Chante, au succès triomphal. 

Tino est alors rémunéré 7.000 francs par jour (à comparer aux 100 francs par jour deux ans auparavant dans ce même Casino de Paris.)

  • Le 4 octobre 1936, le record de recettes du Casino de Paris depuis sa fondation est battu...
  • Le 13 octobre 1936 au matin, présentation à la Presse de la nouvelle revue Tout Paris Chante.
  • Le 18 octobre 1936 à 14H30, la revue Tout Paris Chante est retransmise en direct à la radio par le Poste Parisien.
  • Le 12 décembre 1936, Tino Rossi participe avec Joséphine Baker et Henry Garat, sur autorisation exceptionnelle accordée par M. Henri Varna, au gala de charité donné lors de La Nuit du Ski, au salon des sports d'hiver, Paris, Porte de Versailles, au bénéfice des Cheminots Anciens Combattants de la Grande Guerre (WWI).
  • Le 16 décembre 1936, Tino Rossi participe avec Fernandel et Jean Tranchant à la Fête de la Glace, au Palais des Sports, à Paris, où ils assurent tous trois la partie artistique de cette manifestation sportive.
  • Le 8 février 1937 est le dernier jour de représentation de la revue Tout Paris Chante. l'annonce de la fin de la revue a entraîné des files d'attentes interminables à l'entrée du Casino de Paris la dernière semaine.
  • C'est en fin 1936 / début 1937 que Tino Rossi se rend régulièrement chez le peintre Jacques Weismann, pour prendre la pose, pour un portrait de plain-pied destiné à être présenté au Salon des Artistes Français du 30 avril au 18 juillet 1937 - Esplanade des Invalides, année qui coïncide avec l'Exposition Universelle 1937. L'exposition est inaugurée par M. le Président de la République - Albert Lebrun.

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Ci-dessus : Tino Rossi dans l'atelier du Maître Jacques Weismann, à Paris - Boulevard Pereire, en fin 1936.

Photographie SAFARA - Coll. C. R-V.

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Autour de Tino Rossi...

Tino Rossi devient dès 1936 un tel phénomène que le Club du Faubourg, qui organise régulièrement des débats sur les faits de société, inscrit Tino Rossi à son ordre du jour ! 

Les ordres du jour sont titrés : Pour et Contre Tino Rossi..

  • Le 12 mai 1936, le premier débat où Tino Rossi se retrouve sur le grill se tient à la salle Wagram.  
  • Le 29 mars 1938, un autre débat Pour et Contre Tino Rossi est organisé à la salle Wagram. Cette fois-ci les deux associations de Tino-Rossistes qui existent sont représentées :
    • l 'Association des Tino-Rossistes et sa Présidente - Mme Gabrielle Privat, 
    • l'association les Amis de Tino Rossi  et sa Présidente - Mlle Denise Ramel, âgée de 18 ans,
    • les nombreuses admiratrices du chanteur venues défendre l'honneur de l'artiste. 
    • Le débat était tellement animé qu'un Commissaire de Police doit intervenir en personne pour calmer les excité(e)s.
  • Le 25 juin 1938, nouveau débat Pour et Contre Tino Rossi ! Cette fois-ci, Mme la Présidente du Club des Tino-Rossistes - Gabrielle Privat vient défendre l'honneur de Tino Rossi  à la salle Poissonnière face aux détracteurs du chanteur.
  • Le 31 décembre 1938, Louis Aragon qui se définit lui-même publiquement comme un Tino-Rossiste convaincu, prend la défense de Tino Rossi dans les colonnes du journal Ce Soir, à propos de deux journaux corses subventionnés par l'Italie (fasciste) A Muvra et La Corse Libre où il lui est reproché de chanter ses chansons en langue française !
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Ci-dessus : Carte Membre 1938 de l'Association des Tino-Rossistes - première année de création du Club. (Coll. C. R-V.)

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En 1937, Nina Rossi, une des sœurs de Tino, débute le 6 mars 1937 une carrière dans le spectacle. Elle se fait remarquer en chantant à Montmartre (Il s'agit de Laurence).

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Ci-dessus :  Nina Rossi débute une carrière dans la chanson en costume traditionnel corse.

Photographie Intran Studio - 1937 - Coll. C. R-V.

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  • À partir du 11 mars 1937, elle se produit dans un cabaret corse, Chez Régine, 4 place du Théâtre Français (aujourd'hui Place André Malraux), en chantant des chansons insulaires accompagnée de deux guitaristes.
    • Nota : Nina Rossi semble s'être tout d'abord intéressée à l'Opéra. L'on retrouve sa participation dans Le Barbier de Séville, avec le ténor Villabella, représentation donnée à Villeurbanne le 29 mars 1936...
  • Les 23 et 24 novembre 1937, Nina Rossi  est en gala avec Gilles et Julien, ainsi que Maria Valente au Palais d'Hiver de Lyon.
  • Nina Rossi se produit, en plus de Paris, à Lyon (28 décembre 1940 au 2 janvier 1941, au Rexy), à Vienne (4 et 5 janvier 1941, cirque Pinder), à Villeurbanne (11 janvier 1941, cirque Pinder), à Saint-Pierre d'Albigny (29 novembre 1941), à Chambéry (2 décembre 1941, salle Grenette), à Marseille, à La Ciotat, à Roanne (15 et 16 mai 1943) et à Montélimar (15 août 1943).
  • Le dernier spectacle auquel Nina Rossi participe date du 7 novembre 1943, un gala d'accordéonistes à la Mutualité de Paris.
  • L'on retrouve çà et là quelques partitions à l'effigie de Nina Rossi d'avant la seconde guerre mondiale,
  • 1938PartNinaRossiFiama
  • 1938PartNinaRossiIlFautPenseralAmour
  • 1939PartNinaRossiLaBelleConga
  • 1939PartNinaRossiONuitSansAmour

Ci-dessus : exemple de 4 partitions de Nina Rossi.

1938 & 1939 - Coll. C. R-V.

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  • Nina Rossi a enregistré un 78 tours dans sa modeste carrière. Disque Odéon 281.424 : Florence pays des amours / Yo t'amo d'amore - enregistré le 16 mars 1940, commercialisé au mois d'Avril 1940.
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  • 1940.04SuppDisquesOdeonNinaRossi002

Ci-dessus : Supplément Odéon d'Avril-Mai 1940 annonçant la commercialisation du premier et unique 78 tours de Nina Rossi. (Coll. C. R-V.)

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  • Nina Rossi devient également propriétaire d'un hotel-bar-restaurant dans les années 1940, à Viarmes, en Seine-et-Oise (présence attestée dans la presse en 1946). On peut penser qu'elle ait pu financer cet achat grâce aux cachets de ses galas. 

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Ci-dessus : Nina Rossi au bras de son époux, posant devant son hôtel-bar-restaurant Au Beau Soleil, à Viarmes, 45, rue aux fées, en Seine-et-Oise.

Photographie X - circa 1940 - Coll. C. R-V.

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Fidélité à Columbia :



Finalement, après un bref passage d'environ 6 mois chez Parlophone en 1932 pour son premier disque, Tino Rossi n'a jamais quitté sa maison de disques Columbia - (devenue en 1949 une filiale des Industries Musicales et Électriques  Pathé-Marconi puis renommée EMI en 1964).

Clins d'œil de l'histoire : en 1936, la maison Parlophone est absorbée par Columbia qui réédite, dès le mois de Juin 1936, l'enregistrement du 1er décembre 1932 sous la nouvelle référence DF1920 ; depuis 2013, EMI s'appelle... Parlophone Music France.

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Tino Rossi, un chanteur international :

Dès Juillet 1934, la presse des Pays-Bas commence à s'intéresser à Tino, publie ses sorties de disques et les radios de ce pays commencent à le diffuser sur les ondes.

Dès la fin de 1935, la presse de Grande-Bretagne commence à s'intéresser à Tino dans ses colonnes, notamment dès 1936 aux sorties de disques et à ses derniers succès...

Ci-contre : un supplément-catalogue britannique des Disques Columbia, outre-manche, de Juillet 1938. En couverture, Tino Rossi, the voice that charms - Tino Rossi, la voix qui charme !

(Coll. C. R-V.)

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Ci-dessus : Tino Rossi en 1950, en visite à Paris au 30, Boulevard des Italiens, Palais de la Radio et du Disque - Pathé-Marconi, inspectant attentivement les partitions de ses derniers succès.

Photographie Paramount - 1950 - Coll. C. R-V.

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Le contrat initial de 1933, comme cela se faisait autrefois, était prorogé d'année en année par tacite reconduction orale... Les décennies ont passé, jusqu'au jour où, plus de 30 ans après, vers 1967, Pathé-Marconi se décide à régulariser en faisant resigner un nouveau contrat à Tino, qui profite judicieusement de l'occasion pour percevoir une généreuse avance...

  • L'épisode est décrit dans le livre de Carlos Leresche : Tino Rossi Secret.

1967RenouvellementContratTinoRossi

Ci-dessus : vers 1967, le pot pour fêter le renouvellement du contrat liant Tino Rossi à Pathé Marconi... 

  • De gauche à droite : Pierre Bourgoin - Directeur de la Production, François Minchin - PDG de Pathé-Marconi, l'Avocat de Tino Rossi, Mme Lazare - service juridique P.M, Tino Rossi, Carlos Leresche - Directeur Artistique de M. Tino Rossi.

Photographie X - Coll. C. R-V. Don de M. Carlos Leresche.

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De la scène à la radio.

La carrière de Tino Rossi prend une dimension essentielle au music-hall avec l'impresario Émile Audiffred.

Après l’A.B.C, où le public lui a réservé un honnête succès, il est donc engagé en 1934 par Henri Varna et Audiffred au Casino de Paris pour la revue Parade de France, consacrée au folklore des provinces. 

Tino Rossi se confectionne une sorte de costume "spécial Corsica", qui campe un corse de carte postale, pourra-t-on dire, mais il faut bien cela pour marquer les esprits parisiens déjà blasés...

Tino se retrouve donc sur scène en bottes rouges, chemise et pantalon bouffants, guitare à la main et veste sur l'épaule et obtient dès le 14 octobre 1934 un triomphe inédit grâce à deux chansons que Vincent Scotto vient de composer pour lui, Ô Corse, île d'amour et Vieni... Vieni...

  • Tino Rossi et Vincent Scotto s'étaient déjà croisés auparavant à Lyon en 1932 ou en 1933, suivant deux hypothèses qui cohabitent (sans avoir pu trancher jusques à présent).
    • soit lors d'une tournée montée par "Petit Louis" dans cette ville en 1932... Où Petit Louis aurait prévenu Vincent Scotto de passer discrètement voir son prodige...
    • soit lors de la tenue de la Conférence Charles Cros, organisée par M. le Directeur commercial des Disques Columbia - Jean Bérard, à Lyon le 30 octobre 1933. Où Jean Bérard aurait prévenu Vincent Scotto de passer discrètement voir son prodige...
  • Autant Vincent Scotto repéra immédiatement le potentiel de Tino, autant Tino Rossi fut durablement marqué par l'empreinte de Scotto...
  • Aussi, quand Henri Varna signifia à Tino qu'il lui fallait se trouver des chansons pour la revue Parade de France, il repensa immédiatement à Scotto, qui habitait Paris...
  • Les deux hommes travailleront sur bien d'autres chansons jusqu'à la mort de Vincent Scotto, le 15 novembre 1952.
  • Nous vous proposons un enregistrement sorti de nos archives, où Jean-Claude Brialy retrace assez fidèlement les débuts de carrière de Tino Rossi à Paris, ainsi que la rencontre avec Vincent Scotto : Histoires de Stars - 21 novembre 1986 - Tino Rossi - Europe 1 - Grandes Ondes.

Ci-contre : affiche officielle de la revue Parade de France.

Lithographie Bedos - d'après X - 1934 - Coll. C. R-V.

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À partir du 30 septembre 1936, Tino Rossi remonte sur la scène du Casino de Paris pour la revue Tout Paris chante, mais cette fois en tête d'affiche.

Ci-contre : affiche officielle de la revue Tout Paris Chante.

Lithographie Bedos - d'après Van Caulaert - 1936 - Coll. C. R-V.

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1936AfficheRevueToutParisChanteTR


Parallèlement, Tino Rossi vend de plus en plus de disques, à savoir 80.000 par mois quand la deuxième vente culmine à 6.000 (en l’occurrence, Maurice Chevalier). Dans ces années 1930, l'industrie du disque balbutie et la radio n'est pas encore un objet familier. Elle va bientôt donner aux artistes une audience nouvelle, avec ce que cela représente sur les ventes de disques. 

Dans le cas de Tino Rossi, sa voix est tellement présente sur les ondes qu'en 1939, il demande lui-même, par écrit, aux stations de moins le programmer car il craint de lasser les auditeurs. Si le disque et la radio ont largement stimulé la carrière de Tino Rossi, ils n'en ont pas moins trouvé en lui un support essentiel de pénétration dans les foyers.

Sa fulgurante percée tient aussi à son physique à la Rudolph Valentino. Vincent Scotto rappelle, dans ses Souvenirs de Paris, l'attraction qu'exerce son ami Tino sur la gent féminine : « Les femmes s’approchaient de lui avec une telle férocité que si je n’étais pas collé à lui pour monter en voiture, si dans la bousculade je me laissais distancer de quelques mètres, il me fallait renoncer à lui, et la voiture partait sans moi. Les femmes étaient avides de le voir de près, certaines se seraient laissé piétiner plutôt que de céder leur place [...]. » Et d'ajouter : « Sa voix de rêve a enchanté presque tous les cœurs du monde. Quel philtre mystérieux possède cette voix pour troubler ainsi quand il chante ! On est charmé et on l’écoute recueilli. Une chanson embellit la vie, Tino embellit tout ce qu’il chante. » Car Tino Rossi est devenu une idole, la première dans l'histoire de la chanson. Familièrement désigné par son prénom d'artiste, il se trouve confronté à d'inimaginables manifestations d'affection amoureuse, dont il n'aimait guère parler.

En toute logique, cette voix, que d'aucuns comparent à une chasse d'eau ou un robinet, d'autres à de l'or, du velours ou du miel, est promptement sollicitée par le cinéma car il n'existe alors que les films chantants pour donner au public l'occasion de découvrir le visage des vedettes.


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Ci-dessus : Tino Rossi en 1937, recevant chez lui des lettres d'admiratrices enflammées, des photographies et des 78 tours à dédicacer...

Photographie  Brodzky - 1937 - coll. C. R-V.

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Vieni... Vieni... en tête du hit-parade aux États-Unis.

En 1937, de grands bouleversements attendent Tino Rossi.

  • Dès Janvier 1937, un opuscule racontant la vie de Tino Rossi est édité, preuve que le story-telling bat déjà son plein autour d'un artiste d'à peine 5 années de carrière... Et pourtant déjà phénomène mondial... 
    • Les gens ont envie de mieux connaître Tino, et ainsi, ce livret est-il censé les rassasier pour un temps...

1937.01CouvMaVieEtMesChansons

  • Le 6 février 1937, Tino Rossi et Joséphine Baker chantent ensemble quelques chansons pendant environ 40 minutes, au Théâtre de l'Empire (à Paris), le tout étant retransmis à la radio (Poste Parisien).
  • Le 26 février 1937, Tino Rossi participe parmi le parterre de vedettes au Gala de l'Union des Artistes au Cirque d'Hiver, où il se métamorphose pour l'occasion en haltérophile.
  • Du 12 au 18 mars 1937, Tino Rossi est en tournée à Marseille, au Théâtre de l'Odéon (avec ses guitaristes).
    • Il loge dans le prestigieux Hôtel de Noailles, réussite oblige.
  • Du 19 au 23 mars 1937, Tino Rossi est en gala à Montpellier, au Capitole (avec ses guitaristes). Il y interprète notamment Un jour je te dirai, Marinella, Chanson pour ma brune.
  • Le 24 mars 1937, Tino Rossi est en gala à Saint-Étienne, à l’Éden.
  • Du 26 mars au 1er avril 1937, Tino Rossi est en gala à Lyon, à l'Eldorado-Casino.
  • Les 2, 3 et 4 avril 1937, Tino Rossi est en gala à Grenoble, au cinéma l’Éden.
  • Le 10 avril 1937, Tino Rossi est en gala avec Joséphine Baker, Mistinguett et Maurice Chevalier au Théâtre des Marionnettes du Luxembourg (à Paris).
  • Du 22 au 26 avril 1937, Tino Rossi est en gala à Bordeaux au Ciné-Théâtre Français. Bien que faisant salle comble, les représentations sont gravement perturbées par des hordes d'étudiants bordelais (une bonne centaine) furieux contre lui, Tino ayant décliné l'invitation à un vin d'honneur sur leur campus... 
    • Ils hurlaient : « Chantera... Chantera pas !» comme des enragés.
    • L'étudiant le plus déchaîné de la horde qui hurlait le plus furieusement fut brutalement réduit au silence par un coup de poing magistral dans la mâchoire, et là, ce fut le début de la bagarre générale. 
    • Il faudra l'arrivée de la police pour rétablir l'ordre par deux fois et expulser les impétrants pour que le tour de chant puisse enfin démarrer...
    • Peut-être avaient-ils compris que jamais ils ne réussiraient leur vie aussi bien que Tino ? 
  • Le 15 mai 1937, Tino Rossi, de retour à Paris depuis le 1er mai, assiste à la première de l'Opérette-Revue Ceux de la Légion, de Vincent Scotto, au Théâtre Antoine, dont la vedette principale est Georgel.
  • Le 8 juin 1937, Tino Rossi participe à la première projection du film La Grand Illusion de Jean Renoir, à Paris, au Cinéma Le Marivaux, qui sera donnée à guichets fermés.
  • Le 16 juin 1937, Tino Rossi participe avec Joséphine Baker et Maurice Chevalier à la 3ème journée hippique des artistes (Fondation Maurice Chevalier), sur l'hippodrome de Tremblay-lès-Gonesse. Une épreuve de trot départit Tino et Maurice. Maurice est vainqueur !

Ci-contre : pour la 4ème fois en 3 ans, Tino Rossi fait encore la couverture du supplément-catalogue des Disques Columbia (n°119 - Avril 1937) sous forme de piqûre de rappel, à l'occasion de nouvelles sorties de disques.

(Coll. C. R-V.)

1937.04QuatriemeCouvCatalogueColumbiaN119

En 1937, c'est également le cinéma hollywoodien qui s'intéresse aussi bien à Tino Rossi qu'à Mireille Balin.

  • Le 22 juin 1937, la presse révèle que Tino Rossi est engagé par Hollywood, pour tourner des films aux USA... Le départ de l'artiste est annoncé à terme...
  • En Juillet 1937, Tino Rossi séjourne quelques jours à Cannes, sur la Croisette, avec Mireille Balin...

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Ci-dessus, de g-à-d : Mireille Balin, Tino Rossi, X (peut-être Milly Mathis) et Erich Von Stroheim au Palm Beach de Cannes.

  • Tino Rossi avait assisté à Paris à la 1ère projection du film La Grande Illusion - avec Erich von Stroheim, qui était un ami de Mireille Balin. D'où ce dîner ultérieur à Cannes en été.
  • En été 1937, Tino Rossi est déjà sous le charme de Mireille Balin, cela se voit.

Photographie Monneret - Juillet 1937 - Coll. C. R-V.

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Tino Rossi (à nouveau divorcé) vivra alors un amour passionné avec la très belle Mireille Balin (1909-1968), actrice à la destinée tragique qui, écrira-t-il, « avait tout pour ensorceler les hommes »... Même les Corses, qu'elle prétendait pourtant ne pas aimer avant de lui être présentée, en Mai 1937, par les frères Robert et Raymond Hakim en vue du futur film Naples au baiser de feu !


  • La presse ne perd pas une occasion de narrer le quotidien du couple. En proie à de violentes crises de jalousie aggravées par ses addictions aux stupéfiants et à l'alcool, dans l'été 1941, sur un coup de tête, Mireille chasse Tino de leur villa cannoise Catari avant de se jeter dans les bras d'un officier autrichien.
  • À la Libération, elle paie cette liaison trop dangereuse très cher : violée et battue par des FFI ivres, puis emprisonnée, sa carrière et sa santé sont définitivement brisées tandis que le fisc la persécute...
  • Mais Tino ne l'abandonnera jamais, lui assurant discrètement, via l'association La Roue Tourne et en toute complicité avec son épouse Lilia Vetti, un logement, des soins jusqu'à la sépulture au cimetière de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et les obsèques le 15 novembre 1968.
  • Le 6 août 1937 à 19H30, avant de partir aux USA, Tino Rossi et Mireille Balin partent en train, de Paris - Gare de Lyon pour Naples, afin d'y tourner le film Naples au baiser de feu, réalisé par Augusto Genina.
  • Le 6 septembre 1937, l'on apprend de Hollywood que Tino Rossi va partir aux USA pour une durée prévisionnelle de 5 ans.
  • Le 17 novembre 1937 en début d'après-midi, Tino Rossi et Mireille Balin partent pour les USA de la gare Saint-Lazare (où est présente une foule invraisemblable), puis embarquent le même jour sur le paquebot Normandie. Maurice Chevalier est venu souhaiter un bon voyage à Tino. Marlène Dietrich s'embarque aussi le même jour sur un autre train...

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Ci-dessus : Tino Rossi dans le hall de la Gare Saint-Lazare, en partance pour Le Havre, vers les USA, dûment protégé par la police. Complètement à gauche, Félix Marouani, son impresario.

Photographie Keystone - 17 novembre 1937 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi embarque dans le train, direction, les USA. Mireille Balin étant montée à bord avant lui.

Photographie X - 17 novembre 1937 - Coll. C. R-V.

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  • À l'arrivée du navire aux USA le 22 novembre 1937, Tino Rossi est placé en quarantaine à Ellis island, pour un problème de formulaire d'entrée mal rempli. En effet, si Tino Rossi avait bel et bien déclaré venir aux USA pour y tourner des films, il n'avait pas signalé qu'il y ferait aussi de la radio... Ce qui a entraîné un quiproquo... Plus de peur que de mal, la quarantaine n'a duré que quarante minutes, M. le Consul de France ayant fait régulariser la situation.

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Ci-dessus : portrait promotionnel de Tino Rossi pris à New-York et exploité en France.

Photographie Lazarnick - 1937 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi à New-York, revêtu de son costume traditionnel, lors de ses récitals.

Photographie Lazarnick - 1937 - Coll. C. R-V.

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Aux États-Unis, où la radio passe « du » Tino sans arrêt, il donne quelques récitals tandis que Vieni... Vieni..., repris par les orchestres de Benny Goodman, Rudy Vallée et Bob Crosby (le frère de Bing), est classé premier du « Top tune of the week » (le hit-parade américain de l'époque) vingt-huit semaines d'affilée, fait unique pour une chanson française. Lorsque, le 10 mars, bronzé dans un costume blanc en shark skin (peau de requin), il fait son entrée à la Xe cérémonie des Oscars du cinéma, tous les acteurs se lèvent et l'applaudissent spontanément. Le maire de New-York Fiorello LaGuardia baptise même Tino-Rossi l'un des quais de la ville.

Mais Tino ne se plaît pas en Amérique, qui vient pourtant de réinventer pour lui l'expression « latin lover », mise à la mode quelques années auparavant en l'honneur de Rudolph Valentino. Il veut retrouver la France et refuse les offres financièrement alléchantes de Hollywood, qui le verrait bien en prince russe reconverti en danseur mondain dans une super-production de la Twentieth Century Fox baptisée Balalaïka. Mireille Balin, en contrat avec la Metro-Goldwyn-Mayer, fait de même, pour les mêmes raisons.

En 1938, l'adaptation à l'Amérique s'avère plus compliquée que prévue.

  • Le 9 janvier 1938, Tino Rossi et sa troupe de musiciens arrivent à Montréal en fin de journée par la Gare Windsor.
    • La foule se masse rien que pour essayer de l’apercevoir à une fenêtre de son train et cette gare subit une émeute en règle...
    • Il faut retourner à l'arrivée d'Enrico Caruso à Montréal le 26 septembre 1920 pour retrouver de tels attroupements dans les gares et les guichets de vente des billets de spectacles.
  • Les 10 et 11 janvier 1938, Tino se produit pour la première fois au Canada, à Québec au Palais Montcalm.
  • Du 12 au 16 janvier 1938, Tino Rossi se produit en gala à Montréal, au théâtre His Majesty's.

Ci-contre : Tino Rossi au Canada en Janvier 1938, devant un édifice de type châteauesque (à identifier).

Photographie X - 01/1938 - Coll. C. R-V.

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  • Le 24 janvier 1938, Tino Rossi commence sa tournée aux USA. M. le Maire de New-York - Fiorello H. LaGuardia reçoit personnellement Tino Rossi dans le bureau municipal.
    • C'est au cours de cette entrevue que LaGuardia informera en avant première Tino Rossi : «vous savez qu'il va y avoir la guerre dans toute l'Europe». C'était avant les accords de Munich... Et nous savons ce qu'il est advenu...

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Ci-dessus : Tino Rossi reçu par Mr. le Maire de New-York - Fiorello H. LaGuardia, dans le bureau municipal. 

  • Au mur, le portrait de Mr. Aaron Clark, le second maire élu de New-York. 

Photographie X - Janvier 1938 - Coll. C. R-V.

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  • Le 31 janvier 1938, Tino Rossi chante en direct sur la radio NBC.
  • Les 4, 7, 11, 14, 18 février 1938, Tino Rossi chante en direct sur NBC.

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Ci-dessus : Tino Rossi dans les studios de la New-York Broadcasting Company entre le 31 janvier et le 18 février 1938.

Photographies Jackson N-Y.- Coll. C. R-V.

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Mais Tino et Mireille n'en peuvent plus. Ils ont le mal du pays.

  • Le 28 février 1938, Tino Rossi et Mireille Balin, après avoir pris discrètement un navire de retour (le Queen Mary), remettent pied à terre en France, à Cherbourg. Officiellement pour des congés... Dans les faits, ils ne retourneront plus aux USA.
  • Le 23 mars 1938, notons l'ouverture du cabaret corse "Chez Rossi - l'Île-de-Beauté", au 49, rue de Ponthieu à Paris, tenu par Antoine Rossi, un des frères de M. Tino Rossi. Il paraît que Tino l'a aidé dans cette entreprise.
  • Le 8 avril 1938, Tino Rossi participe parmi plus de 100 vedettes, à la Grande Nuit de Paris, gala donné au profit des hospices des artistes de Ris-Orangis et de celui de Maurice Chevalier.
  • Le 17 juin 1938, Tino Rossi arrive aux Pays-Bas pour 3 jours et s'installe au Palace-Hotel de Scheveningen. 
    • Tino chantera dans son costume corse très remarqué, accompagné par ses guitaristes attitrés Paul Bozzi et Léon Depoisier ainsi que le pianiste Marcel Gaveau.
  • Le 18 juin 1938, Tino Rossi donne un récital au Pays-Bas, à Scheveningen, au Kurhaus. 
    • Il y interprète ses succès, dont Tchi-Tchi, Marinella, Vieni... Vieni... ; Écoutez les mandolines, Chant d'amour de Tahiti, Tarentella, Maître Pathelin et Catari... Catari.
  • Le 19 juin 1938, Tino Rossi donne un récital à la radio A.V.R.O. d'Hilversum (Pays-Bas)
    • Il y interprète notamment Chant d'amour de Tahiti, Pour tous chante ma guitare et Un violon dans la nuit. Le récital dure 45 minutes. Le triomphe est total d'après la presse batave.
  • Le 20 juin 1938, Tino Rossi donne un récital au Pays-Bas, à Amsterdam, au Concertgebouw.
    • Retour à Paris le 21 juin 1938.
  • Le 14 juillet 1938, Tino Rossi donne un récital à la Porte Saint-Denis, sur une estrade, pour la Fête Nationale. Les admirateurs et admiratrices sont tellement nombreux que la situation vire au chaos ! Tino arrivant pour donner le spectacle se retrouve cerné par ses adoratrices survoltées. Les plus déchaînées se couchent sur la chaussée pour être au plus près de lui, quitte à risquer d'être écrasées ! Après avoir été délivré, Tino pourra donner son tour de chant, quoique très péniblement, la scène étant prise d'assaut à plusieurs reprises. Pour quitter la scène à la fin du spectacle, ce fut cauchemardesque. Il faillit même périr étouffé par les mouvements des foules déchaînées ! Entre 25 et 30.000 spectateurs étaient présents ce jour- là, toutes les prévisions avaient été dépassées.
  • Le 24 juillet 1938, Tino Rossi donne un récital à Echternach (Luxembourg) pour le Bal de l'Alliance Française, à l'Hôtel du Parc.

Tino Rossi continue aussi de chanter au cinéma ses plus grands succès, tant dans le domaine de la variété que des airs classiques. Ainsi, pour les besoins de Lumières de Paris (de Richard Pottier, 1938), il chante l'Ave Maria de Gounod, dont Maria Callas dira que personne ne l'a jamais chanté aussi bien.

  • Le 11 novembre 1938, pour fêter les 20 ans de la Victoire, Tino Rossi préside la soirée organisée par le Comité Général des Corses de Paris, qui se déroule dans la salle des horticulteurs, au 84, rue de Grenelle, à Paris.
  • Le 26 novembre 1938, Tino Rossi en concert est diffusé en direct et pour la première fois simultanément par 3 stations radiophoniques majeures : le Poste Parisien, Radio Luxembourg et Radio Toulouse. (idem les 3, 10 et 17 décembre 1938)
  • Le 1er décembre 1938, Tino Rossi, Alibert, Maurice Chevalier, Reda Caire, Marie Dubas, Rina Ketty chantent pour venir au secours des familles des victimes de la catastrophe des Nouvelles Galeries à Marseille, suite au dramatique incendie survenu le 28 octobre 1938 qui a coûté la vie à 73 personnes.

En 1939, Tino Rossi va beaucoup voyager à l'étranger.

  • Le 9 janvier 1939, Tino Rossi et Mireille Balin prend le train de Paris (gare de Lyon) pour Marseille.
  • Le 10 janvier 1939, de Marseille, Tino Rossi part pour une tournée en Roumanie, en Turquie, en Syrie puis pour finir par l’Égypte. Il est accompagné de Mireille Balin.
  • Le 19 janvier 1939, débarquement à Alexandrie, du paquebot Khédive Ismaïl Pacha où il revêt à son arrivée le fez pour être agréable à ses admiratrices locales.
  • Le 20 janvier 1939, arrivée au Caire  par le train provenant d'Alexandrie. Accueil délirant à la gare !
  • Du 21 janvier au 13 février 1939, Tino est en gala au Caire, au Cinéma Kursaal. 
  • Retour à Paris le 19 février 1939. 

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Ci-dessus : Départ de Paris-Gare-de-Lyon vers l'Égypte le 10 janvier 1939 de Tino Rossi et Mireille Balin.

Photographie X - 10 janvier 1939 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Mireille balin et Tino Rossi accueillis au Caire par les admirateurs !

Photographie Keystone - 21 janvier 1939 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi visite les sites des pyramides accompagné, de g-à-d de son impresario - Petit Louis, Mireille Balin, X.

Photographie X - fin janvier 1939 - Coll. C. R-V.

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  • Le 19 février 1939, à peine arrivé, Tino Rossi couronne Mlle Micheline Landini - Reine des Corses de Paris au cours d'un gala.

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Ci-dessus, au premier rang, de g.-à-d : X, X, Tino Rossi, Micheline Landini et Petit Louis. Photographie X - 19 février 1939 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi couronne la Reine des Corses de Paris 1939.

Photographie X - 19 février 1939 - Coll. C. R-V.

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  • Puis, dès le 25 février 1939, Tino Rossi repart à l'étranger, outre-Rhin... Il est acclamé du 2 au 31 mars en Allemagne dans le plus célèbre et le plus important cabaret de la capitale La Scala de Berlin
    • En Allemagne, il est surnommé Le troubadour moderne. Mais il refuse de prolonger cette série de galas à Hambourg et Vienne. Tino prend le chemin du retour pour Paris le 4 avril 1939. Se reporter à la page Tino Rossi - les Revues.
  • Le 9 avril 1939, Tino Rossi fait escale à Nancy où il donne deux galas ce même jour à la Salle Poirel, où il remporte un énorme succès.  Tino interprète : « Aux îles d'amour », « Sérénade portugaise », « La belle conga », « Chant d'amour de Tahiti », « Bambinella », « Tristesse de Chopin», « Tarentelle », « Reviens », une chanson du film Lumières de Paris, une berceuse corse, « Tchi-Tchi », et pour le final, « Marinella ». Tino, rentrant d'Allemagne, est accompagné sur scène par 15 guitaristes venus le rejoindre de Paris par le train.
    • Extrait de L'Est Républicain du lendemain : « Vers 18 heures, Tino Rossi s'est rendu à Pathéphone où il a signé ses disques et chansons. La rue des Dominicains était noire de monde et les organisateurs avaient dû faire appel à un service d'ordre. Quand Tino Rossi est arrivé dans une voiture amie, il a été salué par une ovation indescriptible. »
  • De retour à Paris, Tino se produit à l'Olympia du 13 au 30 avril 1939. 
    • Il y chante notamment : « La sérénade portugaise (de Charles Trenet) », « La belle conga », « Chant d'amour de Tahiti », « Bambinella », « Tristesse de Chopin », « Reviens (Christiné) » ; « Tarentelle »
    • En général, le tour de chant se conclut par : « Au bal de l'amour ».
    • Le dernier jour à l'Olympia (qui n'est alors qu'une salle de cinéma) est la dernière fois que Tino Rossi chantera sur scène avant la déclaration de guerre.

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Ci-dessus : Tino Rossi sur la scène de l'Olympia, accompagné de ses guitaristes et d'un orchestre additionnel.

  • Sur le second cliché, complètement à gauche, le guitariste de renom M. Paul Bozzi.

Photographies X - Avril 1939 - Coll. C. R-V.

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Ci-contre : Tino Rossi en Avril 1939 dans sa loge à l'Olympia de Paris, accompagné de Mireille Balin.

Photographie X - Avril 1939 - Coll. C. R-V.

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  • Le 25 avril 1939, Tino Rossi chante en direct sur Radio-PTT.
  • Le 26 avril 1939, Tino Rossi chante au Bar des Acacias à Paris.
  • Le 27 avril 1939, Tino Rossi se produit aux Folies-Rambuteau, café-concert à Paris.
  • Le 28 avril 1939, Tino Rossi préside la vente de tickets de loterie organisée aux Magasins du Louvre par la Loterie Nationale en faveur des Comédiens Combattants.

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Ci-dessus : Tino Rossi vendant les tickets de la Loterie Nationale aux admiratrices, aux Magasins du Louvre, à Paris, en faveur des comédiens combattants. 

Photographie X - 28 avril 1939 - Coll. C. R-V.

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  • Le 29 avril 1939, Tino Rossi et Marie Dubas chantent pour le gala caritatif de La Nuit des Étudiants, un grand bal de nuit organisé par l'Association d'Entr'aide aux Étudiants, qui se tient dans la Mairie du Vème arrondissement de Paris.
  • Le 19 juin 1939, les USA rattrapent Tino Rossi, sur le plan judiciaire... En effet, suite à la plainte de la New World Pictures Limited Company (basée en Grande-Bretagne), le juge français des référés décide de faire passer sous huitaine un examen d'anglais à Tino pour évaluer son niveau linguistique dans la langue de Shakespeare.
    • L'affaire semble s'enliser, de plus, la seconde guerre mondiale arrive à grands pas... La trace de cette affaire disparaît dans les méandres de l'administration et de l'histoire...
  • Le 2 juin 1939, la presse annonce une tournée de Tino Rossi en Grande-Bretagne, qui cependant ne verra jamais le jour en raison de la déclaration de guerre.
  • Mi-Juin 1939, la presse annonce que Tino Rossi va tourner le film Fiesta, dans le rôle d'un grand matador espagnol, aux prises avec d'authentiques taureaux de combat. Projet retardé une première fois jusqu'en Janvier 1940 en raison de la déclaration de guerre...
  • Les 12 et 13 août 1939, Tino Rossi et Mireille Balin sont en week-end à Deauville au Bar du Soleil.


Puis éclate la Seconde Guerre mondiale le 4 septembre 1939. Courant 1939, les enregistrements de Tino Rossi se font déjà au ralenti.

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Ci-dessus : affiche de la Tournée de galas Philips à laquelle Tino Rossi, Charles Trenet, Pierre Fresnay et Lucienne Boyer auraient participé en 1939. 

  • Il est à préciser que Charles Trenet, Lucienne Boyer et Tino Rossi sont pourtant des vedettes exclusives des Disques Columbia... D'où la curiosité de cette affiche.

(Coll. M. Alain Brochet.)

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  • Le 31 décembre 1939, l'Association pour le Développement des Œuvres d'Entr'aide dans l'Armée donne son premier gala de bienfaisance, placé sous le haut patronage de M. le Président de la République - Albert Lebrun. Participent au spectacle musical Tino Rossi, Lucienne Boyer, Georgius, Jacques Pills et André Tabet, les Fratellini, Louise Carletti, Jacqueline Delubac...

En 1940, depuis le début Janvier, Tino Rossi et Mireille Balin sont en Italie, où Mireille tourne le film Les Cadets de l'Alcazar d'Augusto Genina.

En Février 1940, à Rome, Tino Rossi retrouve Jean Renoir. Chacun doit y tourner un film : La Tosca pour Jean Renoir - avec Viviane Romance et Michel Simon et Fiesta pour Tino Rossi et Mireille Balin. Bien qu'engagé et que le film doive se tourner à la mi-1940 en trois versions : italienne, espagnole et française, le film Fiesta ne verra finalement jamais le jour, en raison de la dégradation de la situation mondiale.

  • Pendant son séjour transalpin de Janvier et Février 1940, Tino Rossi en Février 1940 enregistre en napolitain, dans les studios Columbia de Milan, quatre titres inédits en France.

Le 6 mars 1940, Tino Rossi est de retour en France, à Paris, où il fait sa rentrée ce jour sur les ondes de Radio-Cité. Il y donne 4 concerts radiophoniques (13 , 20, 26 mars et 4 avril 1940) accompagné par l'orchestre de Georges Tzipine.

La classe d'âge de Tino Rossi est rappelée par l'armée. Tino est mobilisé le 20 avril 1940 et se retrouve affecté à la caserne de Nice, au dépôt n°152, le 25 avril 1940. Tout cela amuse d'ailleurs les gradés et les rappelés d'avoir en leur caserne une telle célébrité !

À cette même période, les parents de Tino Rossi sont hébergés à Cannes, pour être au plus près de leurs 3 fils qui ont tous été mobilisés. Nota : Tino est avec un de ses frères dans la même caserne.

Tino Rossi, n'enregistre aucun titre sur disque en cette année 1940 en France. Il déclarera plus tard que le cœur n'y était pas à cette époque-là.

Après l'invasion de la France par l'ennemi allemand et la défaite de Juin 1940, Tino Rossi est démobilisé et reste dans le sud de la France.

  • Les 7 et 8 décembre 1940, Tino Rossi, accompagné de son orchestre de guitaristes, est en représentation à Montpellier, à l'Opéra Municipal.
  • Du 12 au 20 décembre 1940, Tino Rossi se retrouve à Marseille et se fait engager au Pathé-Palace. Il offre le cachet de cette première soirée au Secours National. Il interprète notamment : la Romance de Maître Pathelin, Reviens, Tristesse de Chopin, Bambinella, Sérénade sans espoir et une dizaine d'autres succès.
  • Le 28 décembre 1940 et le 1er janvier 1941, Tino Rossi, en zone dite libre, est en gala à la Scala de Lyon ; puis, retour plein sud à Cannes et ses environs.

En 1941, sa carrière cinématographique parvient à se poursuivre tant bien que mal en zone dite libre, en particulier avec Le soleil a toujours raison (tourné entre fin Mai et Juillet 1941). Le film produit par la firme Miramar sort cette même année en zone dite libre, mais il est mal distribué en zone occupée car n'étant pas produit par une société de droit allemand : il ne passera en zone occupée qu'en 1943. 

Ce film adapté d'une nouvelle de Pierre Galante, est dialogué par l'auteur et Jacques Prévert. La distribution en est prestigieuse : Micheline Presle, Pierre Brasseur, Charles Vanel, Édouard Delmont, Charles Blavette et Germaine Montero. 

Dans ce film, réalisé par Pierre Billon et mis en musique par Joseph Kosma (qui cache ses origines israélites sous le pseudonyme de Jean Marion), il interprète Le chant du gardian de Louis Gasté et Jean Féline.

  • Les chansons du film Le soleil a toujours raison seront toutefois radiodiffusées en zone dite libre par Radio-Lyon et Radio-Toulouse à partir du 4 novembre 1941, ce qui aura pour résultat de contourner le "blocus allemand" pour faire connaître le film.
  • Le 24 mars 1941, le journal FRANCE, quotidien de la France Libre édité à Londres relate dans son numéro 179, dans la rubrique intitulée DIGNITÉ que Tino Rossi a déclaré publiquement à l'occasion de la nouvelle année 1941 : « Je souhaite que la Corse reste toujours française ». 
  • Le 30 mai 1941 Tino Rossi, Claude Dauphin, Mistinguett, Marguerite Moréno, Édith Piaf, Albert Préjean, Raimu, Françoise Rosay participent au Gala des Étoiles à l'Opéra de Marseille, gala caritatif organisé par la radio. Accompagnement : orchestre Jo Bouillon.

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Ci-dessus : affiche Tino Rossi -  Columbia, imprimée à Monaco, en raison de l'installation quasi-permanente de Tino Rossi en zone dite libre durant l'occupation.

  • Tino Rossi ne remontant que très-parcimonieusement à Paris, lorsqu'il ne peut procéder autrement...

Lithographie Imprimerie Monégasque - d'après André - 1941 - Coll. C. R-V.

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  • Du 5 au 8 juin 1941, Tino Rossi remonte pour quatre jours à Paris et chante les 6 et 7 juin 1941 au Grand Palais en soutien à nos prisonniers détenus par l'occupant outre-Rhin. 
    • À peine descendu du train, Tino Rossi déclarera sur le quai de la Gare de Lyon : « Ici ou en Corse, c'est toujours la France ».
    • Tino Rossi retourne ensuite sur la Côte d'Azur pour finir le tournage du film Le Soleil a toujours raison.

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Ci-dessus : Tino Rossi et Mireille Balin de retour à Paris le 5 juin 1941 dans la matinée. 

  • Les voici en Gare de Lyon, accompagnés à gauche par M. l'Impresario de Tino Rossi - André Trives, et par une autre personne (non identifiée).

Photographie A.B.C - 5 juin 1941 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi chez lui pour quelques jours au 35, rue de Berri à Paris.

Photographie Roger-Viollet - 5 juin 1941 - Coll. C. R-V.

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  • Les 6 et 7 juin 1941, Tino Rossi chante au Gala caritatif - La France Européenne - organisé par la Presse Parisienne, accompagné par l'orchestre de Jacques Météhen, habillé de son costume corse de scène.
    • En plus de ses succès déjà célèbres, Tino y interprète pour la première fois les titres suivants : Mon étoile et Toi, que mon cœur appelle qui seront édités en 78 tours, ainsi que Dis-moi bonsoir (de Louis Poterat - qu'il n'enregistrera pas.)
    • Tino Rossi est accompagné pour la première fois par Pierre Spiers au piano, rencontré par hasard à Paris chez leur dentiste commun pour une rage de dents ; le pianiste attitré de Tino n'ayant pu se monter de Marseille à Paris...

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Ci-contre : Tino Rossi lors de la répétition le 6 juin 1941 le matin. Photographie Le Matin (très retouchée!) - Coll. C. R-V.

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1941.06.07TinoRossiGalaLaFranceEuropeenne001

Ci-dessus : Tino Rossi sur la scène du Grand Palais, pour le Gala de la France Européenne. Photographie NORA - 7 juin 1941 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi sur la scène du Grand Palais, pour le Gala de la France Européenne. Photographie Roger-Viollet - 7 juin 1941 - Coll. C. R-V.

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À partir de la fin Août 1941, dans la région de Royan, commence le tournage du film Fièvres sous la direction de Jean Delannoy, qui parlera d'un « succès mondial, peut-être le plus grand de toute [sa] carrière », avec Madeleine Sologne, Jacqueline Delubac et Ginette Leclerc. 

Outre la chanson Maria (de Roger Lucchesi et Jean Féline), il y chante l'Ave Maria de Schubert, qui va vite devenir l'un de ses tubes, plébiscité notamment durant la Seconde Guerre mondiale par les prisonniers qui jonchent les planches de billets en le réclamant à Tino Rossi.

  • Tino chantera l'Ave Maria de Schubert notamment lors de la croisière inaugurale du paquebot France, en Janvier 1962 (dont il fut, à la demande de la marraine du paquebot, Yvonne de Gaulle, l'artiste invité d'honneur, assisté de l'humoriste Jean Rigaux), puis le 19 décembre 1963 sur la scène de l'Opéra de Paris (accompagné en duplex par Pierre Cochereau, titulaire des orgues de Notre-Dame de Paris) à l'occasion du grand gala de présentation du film d'Otto Preminger Le Cardinal.
  • Le 24 septembre 1941, Tino Rossi en voiture victime d'un accident de la circulation à Paris, à l'angle des Boulevard Montparnasse et Raspail. Il est accompagné du chef d'orchestre Raymond Legrand. L'accident ne se limite qu'à de la tôle froissée.
  • Le 28 septembre 1941, Tino Rossi donne un concert à Radio Paris accompagné par Raymond Legrand et son orchestre. Il y chante notamment Ma Ritournelle et Un soir, une nuit - de Henri Bourtayre, deux chansons du futur film Fièvres. Fait remarquable, M. Raymond Legrand cachait régulièrement dans son orchestre au nez de l'occupant des musiciens israélites et profitait de ses tournées en France et à l'étranger pour les faire sortir des territoires sous domination allemande. Tino Rossi en était d'ailleurs au courant.
  • Le 29 octobre 1941, Tino Rossi vient boire le verre de l'amitié avec ses deux frères Joseph et Antoine, Rue Le Pelletier à Paris, à l'occasion de l'ouverture de leur bar.
  • Le 31 décembre 1941, pour la nuit de la Saint-Sylvestre, Élyane Célis, Maurice Chevalier et Tino Rossi donnent un gala radiodiffusé sur Radio-Paris. Tino Rossi chante de 23H20 à minuit. Le chef d'Orchestre est M. Julien Prévost.

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En 1942, Tino Rossi en ce mois de janvier est à Marseille. Mais il repasse par Paris. Il donne pour quelques fois durant cette si difficile période des concerts radiophoniques.

  • Le 29 janvier 1942, un concert à Radio-Paris, animé par Maurice Martelier ; avec Raymond Legrand et son orchestre. Tino Rossi y interprète les chansons suivantes : Mon refrain vole ; Ah ! les femmes ! (les partitions existent, mais n'ont jamais été enregistrées sur disque) ; Ma ritournelle ; Maria ; Mon étoile et Quand tu reverras ton village de Charles Trenet.
  • Le 6 février 1942, Tino Rossi se produit à Radio Paris avec l'orchestre Jo Bouillon (l'époux à la ville de Joséphine Baker).

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Ci-dessus : en raison des pénuries de carburant, Tino Rossi est contraint de rouler en vélo-taxi. Ici, à Cannes, en Mars 1942. 

Photographie DNP - Mars 1942 - Coll. C. R-V.

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La situation devient encore plus dure à supporter pour tous les français. En plus des pénuries alimentaires et de carburant qui se multiplient, même la matière pour fabriquer les disques manque sérieusement, du fait du pillage organisé par l'occupant de toutes les matières premières : la pâte pour fabriquer les disques manque ! On en arrive même à recycler les vieux disques à saphir hors d'âge en les passant à la broyeuse... On fabrique la pâte avec tout ce que l'on trouve... Il en résultera souvent une qualité d'audition fort dégradée, avec des disques qui "grattent".

Même le beau papier manque pour la fabrication des étiquettes des disques : finie la belle encre dorée sur le beau papier noir-brillant... L'on se contentera juste de papier blanc très ordinaire et d'encre noire, marron ou bleue de basse qualité pour les disques...

De surcroît, la cire pure que l'on emploie pour enregistrer la voix en studio, manque, elle aussi... Ainsi, l'on rabote les flancs pour refaire des prises et surtout l'on n'enregistre que très peu de disques... (sans compter la censure...).

Les temps sont très durs et Tino Rossi ne pourra enregistrer en cette année 1942 que 6 chansons, soit seulement trois 78 tours sur une seule année ce qui est ridiculement faible. L'année 1942 sera la pire année en France au niveau enregistrement et fabrication de toute l'histoire du disque...

  • Le 27 mars 1942, Tino Rossi remonte à Paris en provenance de Marseille.
  • Le 28 mars 1942, Tino Rossi participe avec Fernandel, Sacha Guitry, Raimu, Fernand Charpin, Mistinguett, Raymond Legrand et son orchestre à La Nuit du Cinéma au Gaumont-Palace, gala de charité au bénéfice des prisonniers de guerre.

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Ci-dessus : programme publicitaire du gala La Nuit du Cinéma du 28 mars 1942. (Coll. M. Alain Brochet.)

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Ci-dessus : Tino Rossi dans la loge du Gaumont-Palace, à Paris, pendant le gala La Nuit du Cinéma.

  •  Debout, le Professeur Golluer, gérant de l'A.B.C pendant l'occupation (son directeur fondateur Mitty Goldin ayant fuit le pays pour sauver sa vie en 1940).

Photographie Lido - 28 mars 1942 - Coll. C. R-V.

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  • Du 3 avril 1942 jusqu'au 9 mai 1942, Tino Rossi parvient à se faire engager pour chanter à l'A.B.C. 
    • Le premier soir, fait inhabituel, il est victime du trac, et le dira lui même sur scène. Les ovations du public redoublèrent de plus belle et guérirent Tino.
    • Tino Rossi y interprète notamment : Reginella, Ma ritournelle, Quand tu reverras ton village et Ô mon étoile - de Charles Trenet (jamais enregistrée sur disque). Tino chante sur scène l'Ave Maria - de Gounod, comme une forme de prière demandée par le public pour les prisonniers, et c'est à partir de cette époque qu'il a intégré ce titre religieux à son tour de chant...
    • C'est à l'A.B.C. que Tino est accompagné pour la première fois au piano par Pierre Spiers - ils s'étaient rencontrés par hasard et pour la première fois chez leur dentiste commun à Paris.
    • Reportage Tino Rossi dans Paris avec le gérant de l'A.B.C - M. Golluer - Ciné Miroir n°33 du 10 avril 1942. Coll. M. Alain Brochet.
  • En Avril 1942, l'on apprend que Tino Rossi rempilerait pour un nouveau film musical dénommé : Prenez garde au Troubadour. Ce projet de film policier n'aboutira pas.
  • Le 30 avril 1942, Tino Rossi préside un déjeuner en faveur de 400 enfants de prisonniers et d'orphelins de guerre, dans un grand restaurant du boulevard de Strasbourg, à Paris.
  • Le 1er mai 1942, avec l'orchestre Raymond Legrand, il est cueilli à l'A.B.C et conduit manu militari au Théâtre de l'Empire interpréter deux ou trois chansons lors d'un gala en faveur de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme, sa participation ayant été annoncée la veille, à son insu, dans la presse. Étaient aussi "réquisitionnés" André Claveau, Johnny Hess, André Pasdoc, Cécile Sorel, Suzy Solidor, Betty Spell...
  • En Été 1942, Tino Rossi est sur la Côte d'Azur.
  • En Juillet 1942, Tino Rossi signe un projet de film intitulé : "Je ne suis pas M. Grayton" et perçoit une avance de 200.000 sur le cachet de 1.200.000 francs. 
    • Mais le producteur ne fournit pas le script dans le délai imparti et le film ne se fait pas. 
    • Ce producteur tente de récupérer l'avance mais le Tribunal civil de Grasse en décide autrement, constatant la défaillance du producteur dans son jugement rendu public le 4 août 1943.
  • Le 24 décembre 1942, Tino Rossi chante en gala pour le soir de Noël à Radio Paris, accompagné par Jo Bouillon et son orchestre. Il y interprète en direct notamment : Minuit Chrétiens ! ; Credo (de V. Scotto), Bel ami et Mon étoile.



En 1943, dans Le Chant de l'exilé, réalisé en 1942 par André Hugon et brillamment dialogué par Yves Mirande, devenu Basque, Tino Rossi chante Paquita et Ce matin même (paroles d'Édith Piaf), puis s'engage patriotiquement dans les Pionniers du Sahara, au grand dam des autorités allemandes qui voient dans ce scénario une propagande en faveur de la Résistance. 

Quelques mois plus tard, sort Mon amour est près de toi (de Richard Pottier), seul film tourné par Tino Rossi sous l'égide de La Continental allemande, distribuée en France par Tobis Films. Les chansons de ce film (Madame la nuit, Quand on est marinier, J'ai deux mots dans mon cœur et Quel beau jour, mon amour) sont signées notamment Vincent Scotto, Roger Lucchesi et Francis Lopez, jeune dentiste débutant dans la chanson...

Le film Le Chant de l'Exilé, ainsi que les films précédents Fièvres et Le Soleil a Toujours Raison sont d'ailleurs attaqués avec virulence par le journal collaborationniste Je suis partout. Dans cette rédaction, les journalistes exècrent la personne de M. Tino Rossi. N'en déplaise à la presse de collaboration, Tino reste Tino et le public lui conserve tout son amour durant ces années noires.

Durant cette année, Tino Rossi se produit très peu en public. Il limite d'ailleurs au strict minimum ses apparitions à Paris. Ainsi nous ne notons que quelques galas donnés en cette année 1943, et encore s'agit-il de galas de charité, dont Tino ne touche aucun cachet.

  • Le 5 février 1943, Tino Rossi arrive en Belgique, et s'installe ce jour dans un hôtel de Bruxelles.
  • Les 8, 13, 14 et 15 février 1943, Tino Rossi est en Belgique et donne un récital à Bruxelles à La Maison Bleue
    • C'est à l'occasion de cette tournée en Belgique que Tino Rossi abandonne sa tenue de Corse Typique, pour le complet-veston. La raison première est que la fourgonnette chargée de transporter les affaires du chanteur s'était égarée et est arrivée trop tard sur place. Finalement, Tino Rossi conservera le complet-veston pour le restant de sa longue carrière.
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Ci-dessus : dépliant-souvenir de la tournée de Tino Rossi en Belgique, à Bruxelles, à La Maison Bleue. Contenant une photoglyptie de l'artiste. (Coll. C. R-V.)

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  • Le 19 février 1943, Tino Rossi est encore en Belgique, où il donne un gala dans la ville d'Ath, au Théâtre Palace.
  • Le 27 février 1943, Tino Rossi participe à un gala de charité La Nuit du Cinéma organisé par le Comité de l'Organisation de l'Industrie Cinématographique, au Gaumont Palace à Paris. Sont notamment présentes les vedettes suivantes : Charles Trenet, Raimu, Gaby Morlay, Edwige Feuillère, Arletty, Jeanne Fusier-Gir, Hélène Perdrière, Noël-Noël, Serge Lifar, Bordas, André Claveau, Micheline Presle, Aimé Barelli, Sacha Guitry...
  • Le 9 mai 1943, Tino Rossi participe à la messe commémorant la 122ème année du décès de S. M. Napoléon Ier - Empereur, en la Chapelle Saint-Louis des Invalides. 
    • Tino y interprète l'Ave Maria (de Gounod) et l'Ajaccienne.

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Ci-dessus : Tino Rossi en l'église Saint-Louis des Invalides, rendant hommage à Napoléon Ier - Empereur, par son art.

Photographies Zucca - 9 mai 1943 - Coll. C. R-V.

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  • Le 16 mai 1943, Tino Rossi participe à une vente aux enchères qui se tient dans l'Hôtel de Ville de Saint-Denis, au bénéfice des prisonniers de guerre de cette ville.
  • Le 19 mai 1943, Tino Rossi participe à un gala de charité organisé par la municipalité d'Aubervilliers au bénéfice des prisonniers de guerre de cette ville.
  • Le 6 août 1943, Tino Rossi participe à un gala de charité donné au Gaumont-Palace de Paris pour les familles des travailleurs français en Allemagne, accompagné de Raymond Legrand et son orchestre.
  • Le 10 novembre 1943, Tino Rossi apporte son soutien à un gala de charité en faveur des prisonniers corses, donné à Paris, à l'Opéra Comique, uniquement par des chanteurs d'opéra corses tels que les ténors José Luccioni et Gaston Micheletti. Il n'y chante pas.
  • Le 2 décembre 1943, Tino Rossi participe avec moult vedettes (Édith Piaf, Albert Préjean, Léo Marjane, Michel Simon, Lucienne Boyer, Paul Colline, Lys Gauty, Georgius, Reine Paulet et les orchestres Raymond Legrand, Richard Blareau, Alix Combelle...) à un gala de charité donné à l'A.B.C de Paris en faveur des artistes de music-hall prisonniers de guerre.

En 1944, Tino Rossi ne participe qu'à très peu de galas.

  • Le 20 janvier 1944, Tino Rossi est présent, parmi d'autres vedettes à une remise de dons aux Petits Poulbots (pour les enfants nécessiteux de la Butte Montmartre).
  • Le 2 février 1944, en tant que président d'honneur du Comité général des Corses de Paris, il « organise et présente », au profit des prisonniers corses, un « grand gala » présidé, salle Pleyel, par Emmanuel de Peretti de La Rocca (1870-1958), qui fut ambassadeur à Madrid et Bruxelles. Jo Bouillon (futur mari de Joséphine Baker), Mistinguett, Édith Piaf, Albert Préjean, Marie Bizet, Lysiane Rey, ou Jean Weber (de la Comédie-Française) apportent leur « concours gracieux » à cette soirée. 
    • Le luxueux programme édité pour l'occasion annonce la présence prochaine de Tino dans La Légende du Chêne blanc, un film qui ne verra jamais la lumière des salles obscures... 
    • Tino, en plus d'animer cette soirée, interprète ses plus grands succès et y présente une chanson tirée de son nouveau film à sortir (L'Île d'amour), accompagné par l'orchestre de Pierre Spiers.
  • Le 28 mars 1944, Tino Rossi présente et participe à un tour de chant avec une vingtaine d'autres vedettes au grand gala de charité au Cinéma Paramount, au profit des 3.860 prisonniers du XIXème arrondissement de Paris.
  • Le 24 mars 1944, Tino Rossi est en séance d’enregistrements dans un petit studio de Paris, Rue Pelouze. Ce jour-là, il enregistre sur cire les titres suivants : « Bonsoir, Madame la Lune (CL7917.1) », « Le Biniou (CL7918.1) », « Je sais que vous êtes jolie (CL7919.1) » et « Ruisseau (de Roger Dumas) (CL7920.1) ».
    • Ce jour-là est d’ailleurs présent dans les murs Francis Salabert, le célèbre éditeur.
    • Tino Rossi est très mécontent de la séance au point de vue technique, les équipements techniques de ce studio d’enregistrement n’étaient pas terribles (comme le précise lui-même M. Tino Rossi le 26 janvier 1974).
    • C’est la seule fois où Tino Rossi refusera l’intégralité d’une séance d’enregistrements (soit 4 titres).
    • Malheureusement, aucun test-pressing ni aucune mère métallique de cette séance n’ont jamais été retrouvés jusqu’à aujourd’hui.
      • Le refus qui semble être rapidement intervenu soit dès la fin de la séance soit quelques jours après le tirage de mères métalliques qui, une fois écoutées, ont pu être détruites assez rapidement, étant donné le cas rarissime où TOUS les enregistrements avaient été techniquement ratés…
    • Les circonstances et le motif exceptionnels du rejet intégral de cette séance d’enregistrements expliquent malheureusement la disparition probablement définitive de ces 4 chansons jamais retrouvées jusques alors, bien qu'un miracle reste toujours possible (quelques test-pressing ayant pu être emportés par un employé de l'usine Pathé au lieu d'être détruits jadis).
  • Le 6 mai 1944 à 11H30 , Tino Rossi participe à la messe commémorant la 123ème année du décès de S. M. Napoléon Ier - Empereur, en l'église Saint-Augustin à Paris la cérémonie. Messe déplacée cette année-ci. (Nous ne savons pas si Tino y chante).

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Ci-dessus : Tino Rossi présent pour la messe en hommage à Napoléon Ier - Empereur, le 6 mai 1944 à l'église Saint-Augustin à Paris. Tino Rossi discute avec un inconnu. 

  • Derrière Tino, chauve, son secrétaire particulier de l'époque M. Achille de Susini. 
  • À sa droite, avec chapeau noir et lunettes, son impresario M. André Trives.
  • À sa droite, avec lunettes rondes cul-de-bouteille, le Directeur de l'A.B.C pendant l'occupation, le Professeur Golluer.

Photographie X - 6 mai 1944 - Coll. C. R-V.

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Le 24 mai 1944, sort L'Île d'amour, « peut-être le meilleur film de Tino Rossi » selon Jean Tulard qui le compare à Colomba. Également considéré comme le premier film écologiste de l'histoire du cinéma, il met en scène un promoteur immobilier qui veut transformer un village (dont le rôle du maire est tenu par Fernand Charpin) en station balnéaire. La population s'enflamme... Et Tino chante Mon île d'amour, Le joyeux bandit et La complainte corse de Roger Lucchesi.

  • Les allemands ayant interdit le tournage du film L'Île d'amour en Corse, le réalisateur Maurice Cam se replie sur la Côte d'Azur sous le contrôle d'un superviseur de l'Axe qui veille à ce qu'aucun objectif militaire ne se trouve dans le champ des caméras. Tournée à son insu, la scène finale vaudra une convocation générale de l'équipe au bureau militaire.

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Ci-dessus : l'acteur Edouard Delmont et Tino Rossi à Paris, angle de la rue de Berri (où il habite) et de la rue de Ponthieu.

Photographie (planche-contact) X - 15 juin 1944 - Coll. C. R-V.

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Tino Rossi décide d'installer sa maman, Eugénie, chez lui, à Paris en 1944.

  • Née en 1874 et devenue veuve pendant l'occupation, Eugénie Rossi est une mère de famille très usée par une nombreuse progéniture et une vie très dure de labeur. Elle décède le 26 mai 1951 à Paris, puis inhumée le 2 juin 1951 à Ajaccio.

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Ci-dessus: Tino Rossi et sa maman au 35, rue de Berri à Paris.

Photographie X - Février 1946 - Coll. C. R-V.

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Un Noël en prison...

Durant l'Occupation, Tino Rossi chante à plusieurs reprises Quand tu reverras ton village, « la chanson d'espoir de tous les prisonniers de guerre », composée pour lui par Charles Trenet.

Tino, en revanche, refuse un cachet conséquent pour enregistrer Maréchal, nous voilà et sollicite très régulièrement de plusieurs médecins, notamment l'oncle O.R.L. du futur journaliste Yves Mourousi, des certificats de complaisance afin de ne pas honorer « certaines invitations pressantes »

Mais ces échappatoires ne sont pas toujours suffisantes, en cette époque où le droit ne règne pas.

Ainsi, le 1er mai 1942, Tino est cueilli avec Raymond Legrand et son orchestre à l'A.B.C alors qu'il devait y donner sa dernière représentation et conduit manu militari au Théâtre de l'Empire interpréter deux ou trois chansons lors d'un gala en faveur de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme, sa participation ayant été affichée la veille, à son insu, malgré avoir « prétexté la fatigue pour ne pas chanter ».

Tino Rossi sera donc obligé de participer à ce concert comme les autres vedettes telles qu'André Claveau, Johny Hess, Anette Lajon, André Pasdoc ou encore Cecile Sorel et Suzy Solidor... 

En état d'occupation, l'on ne fait pas ce que l'on veut et l'on fait parfois ce que l'on ne veut pas...

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D'autre part, tandis qu'à Marseille Lilia Vetti sauve Georges Cravenne (né Cohen) d'une arrestation par la gestapo, Tino Rossi cache dans son orchestre en tant que pianiste le compositeur juif polonais Norbert Glanzberg, qui deviendra son accompagnateur après la guerre. Édith Piaf, Georges Auric et Mistinguett le protègent alors également. 

Pourtant, malgré ce rempart amical, le 2 mai 1943, Norbert Glanzberg est arrêté et condamné à une peine d'emprisonnement de six mois, à Nice, pour détention de faux papiers. Tino Rossi alerte l'actrice Marie Bell. Avec la complicité de l'intendant régional de police Paul Duraffour et d'un gardien de prison corse, ils réussissent à le faire évader au mois d'Août 1943.

Par ailleurs, une ancienne amitié corse liait Tino Rossi à Étienne Leandri, comme lui habitué du Fouquet's, et il connaissait nombre de figures corses du milieu marseillais, dont le parrain Paul Carbone, mort le 15 décembre 1943 dans le déraillement du train de nuit Marseille-Paris provoqué par la Résistance qui visait des permissionnaires allemands, ainsi que son associé François Spirito ; tous deux faisaient des affaires avec l'Occupant.

Comme de nombreuses célébrités, dont la réussite attisait depuis des années bien des jalousies les ennuis vont vite se manifester...

  • Le 2 octobre 1944, Tino Rossi commence à être inquiété par les autorités qui l'interrogent une première fois, et le laissent repartir libre.
  • Le 7 octobre 1944, Tino Rossi fait sa rentrée à Paris et chante pour un gala de charité au Moulin Rouge avec notamment Yves Montand, André Pasdoc, Édith Piaf, Mistinguett, Les Compagnons de la chanson, Gus Viseur, Damia et Charpini, pour Les Vieux de Montmartre (il en avait été autorisé par la police le 2 octobre 1944)
    • Tino Rossi y interprète  : La chanson du joli vent ; Ce n'est plus la même chanson ; Le joyeux bandit ; Ce matin même et Quand tu reverras ton village.
    • Mais à la fin du gala, plusieurs policiers, affirmant être à la recherche de renseignements sur un fugitif Corse (motif bidon), attendent Tino dans les coulisses du Moulin Rouge pour l'embarquer en garde à vue dès la fin du spectacle. Amené au quai de Gesvres, il sera présenté à M. le Juge Donsimoni.
  • Le 10 octobre 1944, Tino Rossi est finalement placé officiellement en état d'arrestation.

Au commissariat, Tino Rossi est interrogé à propos d'une bande de malfaiteurs corses dirigée par un certain Étienne Léandri avec qui il entretiendrait des relations à déterminer. Tino Rossi reconnaît d'ailleurs connaître l'individu en question, mais ignorer tout de ses activités en relation avec la gestapo.

Outre d'être accusé de marché-noir, Tino est accusé de faire la propagande de l'armée italienne, ce qu'il nie farouchement. Tino Rossi précise que, fin 1941, il avait répondu à un journaliste de L'Alerte lui demandant de formuler un vœu pour son île natale en 1942 : « qu'elle reste toujours française ».

Il lui est aussi reproché d'avoir chanté pour la LVF pendant l'occupation (le 1er mai 1942). L'enquête ultérieure prouvera qu'il y avait été contraint, comme d'autres vedettes d'ailleurs.

Mais de toute manière, le commissaire est d'un parti pris négatif dès le début de l'interrogatoire. Il tombe son masque et se dévoile : « Les Corses m'en ont assez fait voir. Foutez-moi ça au trou !», assène-t-il. 

  • Le 8 novembre 1944, l'on apprend par voie de presse que Tino Rossi est écroué à Fresnes.
    • À partir de ce mois, Tino Rossi est interrogé par M. le Juge d'instruction Donsimoni.
  • Le 18 novembre 1944, Tino Rossi est à nouveau interrogé dans l'affaire Bonny-Laffont : il redéclare qu'il n'a jamais été en relation avec la bande de la rue Lauriston. On apprend que ses dires sont confirmés par un témoin.
  • Le 24 décembre 1944 au soir, Tino Rossi, au cours d'une messe mémorable donnée dans la chapelle de la prison de Fresnes, interprète l'Avé Maria de Schubert, à la demande de M. l'Aumônier de la prison.

En 1945, les nuages se dissipent enfin.

  • Le 4 janvier 1945, à la suite d'une détention de presque trois mois durant laquelle il refuse obstinément l'aide d'un avocat et interdit à sa concubine Lilia Vetti de « donner un franc pour sa libération » au risque de le perdre, il est remis en liberté provisoire dès le lendemain par M. le Juge Donsimoni, en accord avec le Parquet, l'instruction ayant démontré que les charges présumées ne motivaient aucunement un quelconque maintien en détention.
    • Il est à signaler que chaque jour qu'a duré son emprisonnement, la seule femme qui venait voir Tino Rossi en prison pour le soutenir et lui porter à manger était Mlle Lilia Vetti... Ce qui renforce logiquement les liens après une épreuve pareille.


  • Définitivement libéré le 23 novembre 1946, il sera exempté de toute poursuite par un juge estimant l'instruction montée contre lui par l'équipe du commissaire Georges Clot assisté du commissaire Levitre, dont spécialement un certain Inspecteur "assez spécial" qui avait fait citer de « nombreux témoins » signalant son « comportement anti-français », dénuée de tout fondement.
  • Tino Rossi précise en outre avoir prêté sa voiture personnelle en Octobre 1943 à un réseau de Résistance pour transporter des armes et permettre plusieurs évasions (dont celle d'un général).
  • Finalement, M. Tino Rossi reçoit — fait rarissime à l'époque — d'exceptionnelles excuses officielles concernant l'affaire judiciaire.

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Tino Rossi, après cette épreuve difficile, retourne d'abord en studio enregistrer quelques disques. Il nous donnera  deux immenses succès d'après guerre de l'été 1945 : Amor amor et le très langoureux Besame mucho.

Puis, Tino retrouve les studios cinématographiques où il tourne le film Sérénade aux Nuages, réalisé par André Cayatte au scénario particulièrement insouciant, où Tino nous donne deux beaux succès : Tango d'un soir et Chanson aux nuages.


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Ci-dessus : portrait artistique promotionnel de Tino Rossi pour son premier film tourné après la guerre 1940-45, Sérénade aux Nuages.

Photographie Forster - 1945 - Coll. C. R-V.

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  • Le 24 novembre 1945, Tino Rossi participe avec Mistinguett, José Luccioni et Nadia Dauty au Gala de charité des Corses, à l'Opéra Garnier de Paris.

Concernant l'époque de l'occupation, la commission d'épuration réexamine courant 1945 le déroulement de carrière de tous les artistes français pendant l'occupation. Au final Tino se voit sanctionné d'une peine légère. S'il convient de préciser que certains artistes ont été relaxés, d'autres furent sanctionnés légèrement, d'autres très lourdement voire définitivement avec interdiction d'exercer une activité dans le monde du spectacle à vie.

  • Le 12 décembre 1945, la Commission d'épuration du spectacle pour les artistes dramatiques, lyriques et les musiciens exécutants reporte sous huitaine sa décision concernant Tino Rossi.
  • Le 17 décembre 1945, la Commission d'épuration du spectacle pour les artistes dramatiques, lyriques et les musiciens exécutants réunie sous la présidence de M. Come, décide concernant Tino Rossi, d'une suspension de 4 mois à compter du 5 septembre 1945. Tino Rossi peut donc reprendre ses activités dès le 6 janvier 1946.

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... puis Petit papa Noël !

En 1946, Tino Rossi tourne d'abord le film Le Gardian qui nous fait découvrir le monde gitan. Une partie des extérieurs est d'ailleurs tournée sur les plages de Camargue encore truffées de mines.

Tino Rossi enchaîne avec le tournage du film Destins de Richard Pottier où il tient un double rôle.

Dans le film Destins, la chanson principale du film prévue pour être LE SUCCÈS s’intitule «Destin», un superbe slow-fox orchestré à l'américaine de grande qualité, la musique étant signée Alex Alstone.

Le scénario initial du film Destins prévoyait aussi que Tino interprétât, en français, un negro spiritual avec des chanteurs noirs new-yorkais. Les artistes rejoignant précipitamment les États-Unis, le scénariste Carlo Rim doit vite revoir sa copie.

Puisqu'un enfant tient un grand rôle dans ce film qui doit sortir au mois de décembre, Tino Rossi souhaite une création française de Noël. Pendant des jours, il écoute des multitudes d’airs qui le laissent indifférent, agacé voire moqueur.

En désespoir de cause, son impresario Émile Audiffred suggère à Henri Martinet (1909-1985) de jouer au piano une mélodie de Noël enfouie au fond de ses tiroirs après avoir fait un bide dans leur revue, donnée au théâtre marseillais de l'Odéon pendant la guerre (1944) ; le public n'avait pas été touché par la lettre d'un enfant demandant au Père Noël de ne lui apporter ni soldats ni guerre mais de lui offrir le retour de son papa, prisonnier.

Tino, lui, « sent » instantanément la chanson et la fredonne en boucle. Sur de nouvelles paroles de Raymond Vincy, son Petit papa Noël est né... La chanson, qualifiée de « berceuse » dans le scénario, comporte d'ailleurs un couplet jamais enregistré sur disque.

Dans l'urgence, il est alors décidé par Tino Rossi et la Production de remplacer la chanson prévue avec le groupe de gospel par la chanson pour enfant intitulée « Petit papa Noël »

Ainsi, le 6 novembre 1946, la chanson est-elle enregistrée au studio Columbia et a droit à ses deux prises réglementaires.

Il est finalement retenu, pour la commercialisation, la 2ème prise ayant pour numéro de cire : CL8242-2, malgré d’énormes fortè menant à de considérables distorsions en fin de disque, le niveau d’enregistrement ayant été mal réglé et mal régulé notamment à cause d’un chœur trop imposant, ce qui provoquait de surcroît une usure prématurée des disques dès la première lecture sur un phonographe.

  • L’on n’ose à peine imaginer les défauts encore pire dont la 1ère prise rejetée portant le numéro de cire CL8242-1 devait être affublée…

Qu’à cela ne tienne, étant donné que cette chanson n’était en fait qu’un bouche-trou, choisie et enregistrée à la va-vite, et qu’elle n’était pas destinée à devenir le grand succès du film, elle est commercialisée malgré les énormes problèmes techniques survenus durant l’enregistrement…

Coup de théâtre ! Dès la sortie du film, la chanson bouche-trou connaît le succès phénoménal à l’échelle de toute la planète que l'on sait.

  • Anecdote :  ce succès, qui s’avérera constituer le plus grand de Tino Rossi, n’avait point du tout été anticipé, comme tous les succès mondiaux, d’ailleurs, telle la chanson « La mer » affublée des mêmes problèmes techniques, et sortie alors qu’elle n’aurait jamais dû l’être, Charles Trenet l’ayant refusée expressément à cause de ces problèmes techniques, Columbia profitant alors d’une absence ultérieure de Charles aux USA pour l’éditer en douce. Manœuvre qui finalement s’avérera malgré tout payante !

De ce fait, Columbia s’est retrouvé devant un dilemme ! « On » avait validé une matrice qui était techniquement mal enregistrée. Si cette chanson était passée inaperçue, ceci n’aurait posé aucun problème à quiconque. Mais dans le cas présent, cette édition devenait problématique, en terme de qualité vu la célébrité acquise par cette chanson.

Il fut donc décidé en 1948 de réenregistrer la chanson « Petit papa Noël » en bénéficiant de surcroît du dernier né des perfectionnements techniques de l’enregistrement des 78 tours.

En effet, depuis Janvier 1948, l’enregistrement n’est plus gravé directement sur un flanc de cire, mais il est au préalable enregistré sur un fil de fer. Cette technique, bien que rajoutant un peu de bruit de fond, présente l’intérêt de mieux restituer les sons aigus, et surtout a pour avantage d’autoréguler les éventuelles saturations de niveau, car le fil de fer a pour avantage d’être quasiment insaturable au niveau magnétique, même si l’on surcharge le niveau d’enregistrement, le fer va réguler naturellement le niveau enregistré s’il est excessif, en l’écrêtant en douceur !

Ainsi, dans le cas présent, si l’on réenregistre la chanson « Petit papa Noël », le problème des saturations dues à un chœur trop imposant disparaîtront « comme par miracle ».

Le 20 février 1948, il fut donc procédé à une nouvelle séance d’enregistrement avec la nouvelle technique du fil de fer, d’où la sonorité sensiblement différente et propre à cette technologie, pour peu que nous comparions avec les deux 78 tours différents et que nous ayons l’oreille musicale.

Un nouveau numéro de cire fut donc attribué, le CL8526. La première prise se déroula sans encombre et fut validée sous le numéro CL8256-1.

Discrètement, la nouvelle matrice remplaça la précédente, ceci ne fut même jamais signalé sur les catalogues des disques Columbia ; le disque conservant d’ailleurs la même référence commerciale LF232…

Seule une attention particulière permet de s’apercevoir de cette discrète substitution (voir ci-dessous)

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Ci-dessus : 78 Tours LF232 - Petit papa Noël - CL8242.2 - enregistré le 6 novembre 1946.

Exemplaire pressé en 1947.

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Ci-dessus : 78 Tours LF232 - Petit papa Noël - CL8526.1 - enregistré le 20 février 1948.

Exemplaire pressé en 1949/50.

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Fort du succès de la chanson "Petit papa Noël" dès la sortie en salle du film "Destins" Tino Rossi la chante pour la première fois en public sur la scène de l'A.B.C, lors de sa rentrée le 27 février 1948, où il effectue encore cette année un tour de chant de plusieurs semaines. Il remporte un phénoménal succès rien qu'avec cette chanson... Mais il interprète en introduction : Je rêve aux étoiles, les chansons extraites du film Le chanteur inconnu, ainsi que Adios pampa mia, Heureux le cavalier, l'Ave Maria de Schubert...

En ce premier vrai Noël depuis 1938, voici un cantique laïc qui arrive opportunément pour restaurer la plus traditionnelle des fêtes familiales et répondre aux instructions gouvernementales (pas de chants religieux dans les écoles de la République) mises en place avec zèle par le ministre Marcel-Edmond Naegelen.

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Ci-dessus : Tino distribuant son Petit papa Noël aux enfants lors d'une soirée de charité.

Photographie X - Circa 1970 - Coll. C. R-V.

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Dans la foulée de ce triomphe, Tino Rossi multipliera les enregistrements de chants de Noël, notamment Petite étoile de Noël (R. Legrand, J.D. Norman ; G. Diamant, 1952), Noël blanc (1955), version française signée Francis Blanche du fameux White Christmas créé par Bing Crosby en 1941, C'est Noël (H. Betti ; J. Manse, 1956) destiné à Fernandel pour le film Honoré de Marseille, Douce nuit (1960), Noël des enfants oubliés (L. Rossi, P. Levant ; J. Lavande 1968)...

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Premier chanteur français à obtenir un disque d'or

Avec sa chanson fétiche "Petit papa Noël", Tino Rossi devient, en 1949, le premier chanteur français à obtenir un disque d'or et, pour la circonstance, « le seul à avoir reçu ce disque en or massif 22 carats ».

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Ci-dessus : Tino Rossi présentant chez lui, au 40, boulevard Maillot à Neuilly-sur-Seine, son premier Disque d'Or, massif 22 carats, au format 78 Tours/25cm.

  • de g-à-d : M. René Guihuit, futur Président du Club Tino Rossi ; Médecin Général - Henry Distinguin et M. le Président du Club Tino Rossi - Michel Vandrôme.

Photographie X - 16 février 1975 - Coll. C. R-V.

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Malgré l'opacité volontairement entretenue par l'industrie du disque sur ses records, qu'il soit estimé écoulé à 5,711 millions de 45 tours (singles), 30 millions d'exemplaires, voire « 35 millions, dont 20 millions pour la France seule », Petit papa Noël, « véritable phénomène dans l'histoire de la chanson française », est unanimement considéré comme le titre le plus vendu de l'histoire du disque en France.

Petit papa Noël est aussi, d'après un sondage effectué en 2007 par l'institut CSA56, la chanson préférée des Français avec Ne me quitte pas de Jacques Brel.

  • Rançon que l'histoire réserve aux succès immenses, telle la chanson Comme d'Habitude de Claude François, devenue internationalement My way, utilisations et adaptations les plus diverses se sont multipliées et se renouvellent sans cesse. 

Parmi une interminable liste, les versions à l'accordéon d'Yvette Horner (1963) et en allemand (Du lieber Weihnachtsmann) de Mireille Mathieu (1976), celles de Dalida (1960), Yvette Giraud (1962), Nana Mouskouri (1970), Michèle Torr et Claude François (1977), Céline Dion (1981 et 1994, en duo avec Alvin et les Chipmunks), des groupes Boney M. (1986) et Trust (1988), d'Enrico Macias (1993), de La Compagnie créole (1996), de Roch Voisine (2000), d'Henri Dès (2001), de Florent Pagny (2006), Roberto Alagna (2007), d'André Manoukian et la Chorale des montagnes (2013), de Kendji Girac et la Chorale des Petits Chanteurs d'Asnières (2018)… 

  • En 2007, le crooner américain Josh Groban puis, en 2009, les Chœurs de l'Armée rouge et ceux des enfants du Bolchoï l'enregistrent, en français, de même, en 2013, que la diva new yorkaise de la soul Mary J. Blige. 
  • En 2015, Mireille Mathieu propose, en CD, son duo avec Tino Rossi enregistré en 1979 aux studios parisiens Davout, sorti en 1986 sur le 33 tours Duos inédits. 
  • Autres variantes : le drolatique Petit Génie Ariel entonné par le barde Assurancetourix dans l'album Astérix chez Rahàzade (1987) ; le nom du chien de la série d'animation américaine Les Simpson (télédiffusée en France depuis 1990) ; un indispensable Babucciu Natale en corse (2004) sur des paroles adaptées par Dumè Barazzan ; le roman policier Petit papa Noël publié en 2010 par François Cérésa; l'interprétation rocailleuse et subtile proposée par Arthur H dans le générique du film d'animation L'Apprenti Père Noël (2010) ; la parodie Petite Carla d'Noël (signée Michel Malher) et celle, décalée, estampillée Helmut Fritz (2011) ; la pétillante version franco-sénégalaise de Coumba Gawlo au profit de son association « Lumière pour l'Enfance » (2013)...

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Lilia Vetti pour la vie.

À la fin de l'été 1941, au casino d'Aix-les-Bains, Mistinguett présente à Tino Rossi la belle danseuse niçoise Rosalie Cervetti, dite Lilia Vetti (23 septembre 1923- 14 mars 2003), la femme de sa vie, comme il le lui chantera en Mars 1977.

Tino Rossi l'épouse le 14 juillet 1948 à Cassis (mention manuscrite sur l'acte de naissance de Tino Rossi), dont le maire S.F.I.O est son ami le médecin et Résistant Emmanuel Agostini, le parrain du bébé déjà né le 22 mai 1948.

  • À noter que le livre Tino par Tino - éditions Stock de 1974, donne la date du mariage le 14 juillet 1947 à Cassis...Soit il s'agit d'une erreur, soit il s'agissait, en 1974, d'éviter d'écrire que Tino et Lilia Rossi aient pu fêter Pâques avant les Rameaux...
  • Sachant que Tino était en tournée au Canada en Février 1947 puis en Argentine à partir de Mai 1947 pour travail, et revenu en France le 16 septembre 1947, la date du mariage en Juillet 1947 est invraisemblable et contrevient à la presse d'époque.
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Ci-dessus : Tino, Lilia en compagnie de Laurent, dit "Poupie", encore à l'âge de l'innocence.

  • à droite : Laurent offre des fleurs à sa maman pour la fête des mères 1950.

Photographies Lido - à gauche : 1949 / à droite : 24 mai 1950 - Coll. C. R-V.

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Tino et Lilia Rossi chez eux, au 21, boulevard Richard Wallace à Neuilly-sur-Seine, en 1961.

Photographie Imapress - 1961 - Coll. M. Roger Pascal.

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Du Gardian à Son dernier Noël

En 1946, Tino Rossi, au sortir de la guerre, a repris le chemin des studios de cinéma. Il est très occupé par le tournage de deux films en une seule année : Le Gardian et Destins ainsi que par les enregistrements de disques en studio.


En 1947, au mois d'avril, les écrans parisiens du Paramount et du Paris accueillent Le Chanteur inconnu, le second film d'André Cayatte tourné avec Tino Rossi, après Sérénade aux nuages (1945). Pour les besoins de ce « mélodrame à suspense », remake d'un film de 1931 avec le ténor Lucien Muratore ; Tino est entouré de Raymond Bussières, Lilia Vetti, Maria Mauban et Lucien Nat, il chante Chopin, Brahms et Lalo.

En 1948, Tino Rossi tourne d'abord le film Deux Amours, réalisé par Richard Pottier, où Tino tient un double rôle, dans un triangle amoureux entre deux frères jumeaux et une femme. C'est la deuxième fois où Tino Rossi interprétera un double rôle, reprenant en cela la recette éprouvée du film Destins.

Puis Tino se lance dans le rôle du grand compositeur Franz Schubert dans le film La Belle Meunière de Marcel Pagnol, aux côtés de Jacqueline Pagnol, de sa fille Pierrette (également comédienne dans la troupe de Robert Dhéry, « Les Branquignols ») et de Lilia Vetti. Le moulin de La Colle-sur-Loup (Alpes-Maritimes) offre les décors et Tony Aubin (1907-1981), chef d'orchestre et professeur de composition au Conservatoire de Paris, les arrangements musicaux de grande qualité.

Ce film présente la particularité d'exister en deux versions : la première en noir et blanc tournée en 1947 qui a été détruite par le réalisateur comprenait notamment la chanson Les fleurs du meunier non reprise dans la seconde version en couleur tournée en 1948.

La Belle Meunière est en effet le premier film en couleur tourné en France par des Français avec un procédé français, celui mis au point avant la Seconde Guerre mondiale par les frères Armand et Lucien Roux. Malheureusement, nécessitant des moyens de projection spécifiques onéreux, ce procédé ne fera pas long feu malgré l’enthousiasme du New-York Times : « Nous avons vu les plus belles prises de vue qui aient jamais paru sur un écran. »

En 1949, Pierre de Hérain réalise le film policier Marlène, où Tino Rossi tient le rôle d'un chanteur contraint par les événements à se transformer en détective privé pour mettre fin aux agissements d'une bande de malfaiteurs dirigée, l'apprendra-t'on ultérieurement par une femme, la charmante Lily Fayol dont Tino tombera naturellement amoureux et lui chantera tout son amour pour elle...

En 1950, Jean Stelli réalise autour de lui le film Envoi de fleurs, la seule biographie filmée et romancée, du grand compositeur français Paul Delmet. L'occasion pour Tino Rossi de chanter à Suzanne (Micheline Francey) quelques-uns des airs les plus connus de l'artiste montmartrois de la Belle Époque... et de mourir (tuberculeux) pour la troisième et dernière fois au cinéma après une vendetta dans L'Île d'Amour et un suicide dans Le Gardian.

En 1951, Maurice de Canonge réalise le film Au pays du soleil, une reprise filmée d'une opérette marseillaise de Vincent Scotto de 1932 qui se déroule essentiellement sur le vieux port de Marseille dans une ambiance pagnolesque. Ce film a beaucoup fait plaisir à Vincent Scotto arrivé à la fin de sa vie ; Tino n'ayant jamais oublié qui lui a procuré ses premiers grands succès.

En 1952, Jacques Daniel-Norman réalise le film Son dernier Noël, un film très triste sur la fin de vie d'une enfant condamnée par une leucémie, où Tino et tous les gosses du quartier vont lui apporter un peu de chaleur dans l'ultime épreuve.

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Du cinéma et des tours de chant à l'opérette.

En 1946, cela fait plus d'une année que Tino Rossi n'a plus chanté en public et ne sait pas s'il est encore désiré sur scène. 

  • À la manière du "tomber du lit", tout sauf pris sur le vif, mais en réalité minutieusement préparé, dans le plus pur style hollywoodien très en vogue dans les années 40.
  • Un bon shooting-photo promotionnel soigneusement préparé est-il réalisé pour abreuver la presse...

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Ci-dessus : au cours d'un reportage - façon "pris sur le vif", Tino chez lui dans son bureau, 35 rue de Berri à Paris (5ème étage).

Photographie X - Février 1946 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : au cours d'un reportage - façon "pris sur le vif", Tino et son cuisinier particulier chez lui, 35 rue de Berri à Paris (5ème étage).

Photographie X - Février 1946 - Coll. C. R-V.

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  • Du 1er mars au 13 avril 1946, Tino Rossi trouve le temps de se produire à l'A.B.C de Paris, dirigé à nouveau par son fondateur Mitty Goldin, nonobstant un emploi du temps très chargé, soit un tour de chant de 6 semaines ! Et c'est un succès total, le public est toujours au rendez-vous, l'accueil est chaleureux, la foule en délire.

Ci-contre : Tino Rossi faisant sa rentrée à l'A.B.C. de Paris en Mars 1946. Photographie X - Mars 1946 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : grande affiche sur colonne Morris à Paris, annonçant Tino Rossi à l'A.B.C à partir du 1er mars 1946.

Photographie Paul Gobet - Mars 1946 - Coll. C. R-V.

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  • Du 20 septembre 1946 jusqu'au 5 octobre 1946, Tino Rossi est au Festival de Cannes, accompagné de Lilia Vetti.
    • Sont au programme de ce festival deux films avec Tino Rossi : Destins et Le chanteur inconnu (alors en cours de bouclage).

Ci-contre : Tino Rossi et Lilia Vetti sur la Croisette.

Photographie Keystone - Septembre 1946 - Coll. C. R-V.


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Ci-dessus : Tino Rossi est à Monte-Carlo en Octobre 1946. Complètement à gauche : O'Dett - célèbre artiste de cabaret / chanteur / travesti.

Photographie Lido - 14 octobre 1946 - Coll. C. R-V.

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  • De Novembre 1946 jusqu'au 3 décembre 1946, Tino Rossi, accompagné de Lilia Vetti, est en tournée triomphale d'environ 1 mois en Scandinavie (Suède, Norvège, Danemark...) assisté de Norbert Glanzberg. Parmi ces dates :
    • Le 16 novembre 1946, Tino Rossi donne un concert à Silkeborg, au Danemark.
    • Le 19 novembre 1946, Tino Rossi donne un grand concert à Stockholm, en Suède, à la Stora Salen.
  • Le 9 décembre 1946, pour une tournée de quelques jours, Tino Rossi arrive en Suisse où il donne quelques prestations de fin d'année :
    • Le 10 décembre 1946, Tino Rossi donne une interview à Radio Sottens,
    • Le 13 décembre 1946, Tino Rossi est en gala à Neuchâtel, au Cinéma Palace, accompagné par le pianiste Norbert Glanzberg.
    • Le 14 décembre 1946, Tino Rossi est en gala à Vevey, au Casino du Rivage, avec l'orchestre Jerry Thomas.
    • Le 15 décembre 1946, Tino Rossi est en gala à La-Chaux-de-Fonds à la Maison du Peuple, accompagné par le pianiste Norbert Glanzberg.
    • Le 17 décembre 1946, Tino Rossi est en gala à Zurich au Corso-Palais, il y chante notamment Tristesse de Chopin et l'Ave Maria de Gounod, accompagné par le pianiste Norbert Glanzberg.
    • Les 19 et 20 décembre 1946, Tino Rossi est en gala à Genève, au Palais d'Hiver, accompagné par son pianiste Norbert Glanzberg et l'orchestre Hazy Osterwald
    • Les 21 et 22 décembre 1946, Tino Rossi est en gala à Lausanne, au Splendid-Dancing.

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Ci-dessus : portrait d'art Tino Rossi des années d'après guerre.

Photographie Iris - 1946/47 - Coll. C. R-V.

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En 1947, Tino Rossi va parcourir le Nouveau Monde pendant 8 mois et accomplir sa tournée musicale sur le continent américain accompagné du pianiste Norbert Glanzberg...

  • Avant son départ de France, Tino Rossi enregistre les 14, 15 et 20 janvier 1947, une multitude de disques d'avance, pour continuer à arroser les fans durant son absence... 
  • Le 28 janvier 1947, Tino part en Grande-Bretagne où il enregistre 12 concerts pour la BBC, accompagné de Pierre Spiers et son orchestre, dont le premier est radiodiffusé en différé le 29 janvier 1947 et le dernier le 5 mars 1947.

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Ci-dessus : Tino Rossi à Paris - Gare du Nord, en partance pour la Grande-Bretagne, le 28 janvier 1947. Il signe un dernier autographe à une admiratrice juste avant son départ. Tino est accompagné de son impresario Félix Marouani.

Photographie AFP - 28 janvier 1947 - Coll. C. R-V.

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  • Le 30 janvier 1947, Tino part de Londres en tournée au Canada accompagné de sa future épouse Lilia Vetti.

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Ci-dessus : Tino Rossi et Lilia Vetti accompagnés de Félix Marouani (à dr.), à la table du HMS Queen Mary, pendant la traversée transatlantique GB - Canada.

Photographie X - début Février 1947 - Coll. C. R-V.

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  • Le 5 février 1947, Tino Rossi est reçu en grande cérémonie à la Mairie de Montréal, au Canada par le public et les notables locaux en délire.
  • Les 6, 7 et 8 février 1947, Tino Rossi se produit dans le quartier du Plateau (Montréal).
  • Le 12 février 1947 , Tino Rossi se produit aux Trois Rivières.
  • Les 13, 14 et 15 février 1947, Tino Rossi se produit à Québec, au Palais Montcalm.
  • Le 17 février 1947, Tino Rossi enregistre un gala sur Radio-Carabin, au Canada à Québec (Il sera diffusé sur les ondes le 19 février 1947).
  • Le 18 février 1947, Tino Rossi est en gala à Sherbrooke, au Théâtre Granada.
  • Le 21 février 1947, Tino Rossi est en gala à Joliette.
  • Le 26 février 1947, Tino Rossi est en gala à Montréal, au Monument National.
  • Le 28 février 1947, Tino Rossi est en gala à Victoriaville, à la Salle du Manège Militaire.
  • Le 3 mars 1947, Tino Rossi donne un dernier récital à Montréal, au Monument National (ayant repoussé son départ de deux jours).
  • La tournée se poursuit aux USA jusqu'à la fin avril 1947....
  • Ensuite, du mois de Mai au mois d'Août 1947, Tino Rossi est en tournée en Amérique-du-sud et spécialement en Argentine, où il enregistre sur place, 6 tangos (3 en espagnol et 3 en français, sur matrices Odéon). Tino Rossi débarque à Buenos Aires le 1er mai 1947, où il est accueilli sur La Jetée par une délégation de Radio-Belgrano (Radio LR3).
  • Le 3 mai 1947, Tino Rossi débute à Buenos Aires, au Teatro Odeón, l'orchestre étant dirigé par son pianiste Norbert Glanzberg.
    • Retrouvez-ici le programme des Galas de Tino Rossi donnés à Buenos Aires à partir du 3 mai 1947 (Coll. C. R-V)
    • Le tour de chant est choisi parmi les titres suivants : Sérénade portugaise, Maria, Le joyeux bandit, Tristesse de Chopin, Tango d'un soir, Catari, Tarentella, Ave Maria de Gounod, Tout le long des rues, J'attendrai, Reviens, Y a d'l'amour, Sérénade de Schubert, Loin de ton cœur, Berceuse de Jocelyn, Besame mucho, Mandolinata al chiar di luna, Ce soir, Au bal de l'amour, Feux de camp, Dans la nuit j'entends une chanson, Le pousse-pousse, Tout contre toi, Étrange mélodie, Chanson aux nuages, Ma ritournelle.
  • Le 4 mai 1947 à 21H00, Tino Rossi chante pour la première fois sur les ondes de la radio argentine Radio-Belgrano - LR3. Il s'y produira plusieurs fois lors de sa tournée argentine.

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Ci-dessus : Tino Rossi qui chante en direct à plusieurs reprises en soirée sur les ondes de la radio argentine Radio-Belgrano - LR3, lors de son périple en Amérique-du-Sud.

Photographies X - été 1947 - Coll. C. R-V.

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  • Le 16 septembre 1947, Tino Rossi est enfin de retour de Buenos-Aires à Marseille, où il part se reposer sur la Côte-d'Azur.

En 1948, Tino Rossi va aussi beaucoup chanter en gala, entre les tournages de ses deux films :


  • Du 27 février au 24 mars 1948, Tino Rossi est en gala à l'A.B.C de Paris, quand a déjà commencé le phénomène Petit papa Noël.

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Ci-dessus : cliché promotionnel pour l'A.B.C de Paris, avec guitare fantaisie.

Photographie Lipnitzky - Février 1948 - Coll. C. R-V.

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  • Le 10 mars 1948, Tino Rossi participe en journée à un gala de charité pour l'association Guérir et Sourire, sous le patronage de Mme Vincent Auriol qui se déroule à l'Hôpital Militaire Bégin à Saint-Mandé.
  • Les 23 et 24 mars 1948, Tino Rossi, Édith Piaf, Les Compagnons de la Chanson, Claude Dauphin et Grock participent à un gala de charité donné à Paris, au Cinéma Marignan, pour une levée de fonds visant à financer le monument au Maréchal Leclerc.
  • Le 27 mars 1948, Tino Rossi part en tournée en Tunisie par le paquebot Chanzy, accompagné de son épouse Lilia, enceinte de Laurent (Tino chantera à Tunis, en plein air, au Parc du Belvédère les 12 et 15 avril 1948, suite à l'incendie accidentel du Colisée-Cinéma survenu le matin même), puis il poursuit en Algérie française.
  • Du 7 au 14 mai 1948, Tino est en gala à Genève (Suisse), au Kursaal et conclut le 15 mai 1948 à Lausanne, au Splendid-Dancing. Tino retourne faire quelques dates en Suisse vers la fin de cette année.
  • Le 31 août 1948, Tino Rossi est en gala à Cannes, en invité principal, pour la Nuit des Vedettes.
  • Le 30 octobre 1948, Tino Rossi, de retour en Suisse, est en gala à Vevey, au Casino du Rivage, accompagné par l'orchestre Hazy Osterwalder.
  • Le 4 novembre 1948, Tino Rossi est en gala à Fribourg, au Livio.
  • Le 6 novembre 1948, Tino Rossi est en gala à Lausanne, au Splendid-Dancing.
  • Le 7 novembre 1948, Tino Rossi est en gala à La-Chaux-de-Fonds, à la Maison du Peuple. Il y interprète pour la première fois Envoi de Fleurs (avec un papier).
  • Le 4 décembre 1948, Tino Rossi préside un gala de charité pour les jeunes corses, à Paris, Salle des Horticulteurs. Participent chanteurs et musiciens corses.
  • Le 21 décembre 1948, Tino Rossi chante au gala Toute la radio à Paris, au Châtelet, entouré des vedettes Andrex, André Dassary, Yves Montand, Roger Nicolas et Yvette Giraud. Ce gala est radiodiffusé en différé le 31 décembre 1948.

En 1949, Tino Rossi est très occupé par le tournage des deux films Marlène puis Envoi de Fleurs.

  • Le 1er janvier 1949, Tino Rossi participe au gala de la Grande Nuit des Corses de Paris, à la salle des horticulteurs. Y est élue la Reine des Corses de Paris pour 1949.
  • En Février 1949, Tino Rossi et la célèbre organiste Ethel Smith sont en Belgique pour une tournée de galas au Théâtre de l'ABC de Bruxelles ; le spectacle est organisé par La Maison Bleue. Tino Rossi est accompagné par le chef d'orchestre Albert Lasry.
  • Le 19 mars 1949, Tino Rossi dédicace à Paris le livre de Marcel Pagnol La Belle Meunière dans les Magasins du Printemps.
  • À partir du 7 mai 1949 et pour quelques jours, Tino Rossi donne plusieurs galas au Théâtre de l'ABC de Bruxelles.
  • Le 5 août 1949, Tino Rossi chante au Théâtre Verdure de Nice le 5 août 1949.
  • Le 19 août 1949, Tino Rossi donne le départ du Tour de Corse cycliste 49', en coupant le ruban sur la place Charles de Gaulle à Ajaccio, en tant qu'invité d'honneur et ambassadeur de la chanson française.
    • Le Tour de Corse, dont la dernière édition datait de 1936, est couru sur 9 étapes, jusqu'au 28 août 1949. 
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Ci-dessus : départ du Tour de Corse cycliste 49' - de la place De Gaulle à Ajaccio, pour la première étape Ajaccio - Île-Rousse.

  • cliché n°1 : Tino Rossi entouré des gloires locales du cyclisme. Louis Rocca (maillot URAGO) ; Mimi Bonelli (sur son vélo - à droite de Tino) ; Jean-Antoine Delipéri (à gauche de Tino).
  • cliché n°2 : Tino Rossi, près du ruban de départ, à côté de M. le Député-Maire d'Ajaccio - Antoine Sérafini (nœud papillon).
  • cliché n°3, de g-à-d : l'organisateur du Tour de Corse - François Colombani (devant le ruban) ; M. le Maire d'Ajaccio - Antoine Sérafini ; Tino Rossi muni de la paire de ciseaux ; Monseigneur Jean-Baptiste Llosa (évêque d'Ajaccio).
  • cliché n°4 : le départ ayant été donné par Tino Rossi, il suit la course dans le véhicule d’Alphonse Quatrini, le directeur de Radio Electra qui couvre et sponsorise l'événement.

Photographies X - 19 août 1949 - Coll. C. R-V.

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  • Vers le 16 août 1949, Lilia Rossi est légèrement blessée dans un accident de voiture à Ajaccio.
  • Le 1er septembre 1949, Tino Rossi est en gala de bienfaisance au profit du financement du futur Tour de Corse cycliste à venir à Ajaccio.
    • Il y interprète 17 chansons et conclut son tour de chant par Ajacciu Bellu.
    • 35.000 spectateurs présents au Casino Municipal, en bordure de mer. 
  • En Septembre 1949, Tino Rossi est en vacances à Saint-Paul-de-Vence.

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Ci-dessus : Tino Rossi et son fils Laurent sur les épaules en vacances à Saint-Paul-de-Vence.

Photographie Lido - Septembre 1949 - Coll. C. R-V.

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  • Les 27 et 28 septembre 1949, Tino Rossi est en gala à Romans-sur-Isère. Il ne peut chanter que 25 minutes au lieu des 45 minutes prévues. En compensation, il fait un don de 150.000 francs au œuvres de bienfaisance de la ville.
  • Le 7 octobre 1949, Tino Rossi est en gala à Lille, à l'Opéra de Lille.

Au début des années 1950, Tino Rossi est un chanteur plus que confirmé, avec une Association des Amis de Tino Rossi - AATR -  toute acquise à sa cause.

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Ci-dessus : carte de membre de l'Association des Amis de Tino Rossi datant de 1950 (Coll. C. R-V.)

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Ci-contre : Secrétariat de Tino Rossi au Président de l'AATR - Vœux de Bonne Année 1954 aux membres de l'association.

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Ci-dessus : Tinorossistes lors de la réunion de l'AATR écoutant Tino au pick-up.

Photographie X - 15 août 1954 - Coll. C. R-V.

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En 1950, Tino Rossi est en tournée internationale dans plusieurs pays et continents.

  • Le 27 Janvier 1950, Tino Rossi arrive à Montréal, au Canada, accompagné de son épouse Lilia où ils restent jusqu'au 13 mars 1950.
  • Du 28 janvier au 10 février 1950, Tino Rossi est en gala à Montréal (Canada français), au Théâtre Saint-Denis.

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Ci-dessus : la file d'attente pour rentrer au Théâtre Saint-Denis à Montréal (Canada français) fin Janvier 1950, pendant la tempête de neige. Pour voir Tino chanter.

Photographie Casavant - Janvier 1950 - Coll. C. R-V.

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  • Du 11 au 17 février 1950, Tino Rossi est en gala à Québec (Canada français), au Cinéma de Paris.
  • Les 20 et 21 février 1950, Tino Rossi est en gala à Chicoutimi (Canada français), au Cinéma Capitole.
  • Le 22 février 1950, Tino Rossi est en gala à Trois-Rivières (Canada français), au Théâtre Capitol.
  • Le 25 février 1950, Tino Rossi est en gala à Sherbrooke (Canada français), au Théâtre Granada.
  • Le 29 avril 1950, Tino Rossi et Maurice Chevalier assistent, au Palais de Sports de Paris, au nouveau spectacle de patinage artistique des Skating Vanities, en tournée en France.
  • Le 12 mai 1950, Tino Rossi  et Bing Crosby se rencontrent à Paris en direct pour l'émission radiophonique Bonsoir la Société de Jean Nohain. Un duplex assez original est assuré avec les USA où se trouve Claude Dauphin, le frère de Jean Nohain, qui sert d'interprète entre les deux artistes.
    • Bing déclare à Tino : «Ne venez pas en Amérique ! Si les américains vous entendent, fini Bing Crosby !»

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Ci-dessus : la rencontre Tino Rossi - Bing Crosby à Paris.

Photographie X - 12 mai 1950 - Coll. C. R-V.

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  • Le 12 juin 1950, Tino Rossi est présent dans les salons parisiens des Productions Marcel Pagnol pour célébrer les 20 ans du film Marius. Sont aussi présents Mme Raimu et sa fille, Fernand Charpin, Édouard Delmont, Vincent Scotto, Marcel et Jacqueline Pagnol, Raymond Pellegrin, Gérard Philippe...

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Ci-dessus, de g-à-d : Vincent Scotto, Édouard Delmont et Tino Rossi, présents pour la célébration des 20 ans du film Marius, de Marcel Pagnol.

Photographie Éclair-Mondial - 12 juin 1950 - Coll. C. R-V.

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  • Le 19 juin 1950, rebelote avec l'anniversaire de Marius, de Marcel Pagnol avec une partie de pétanque jouée sur les Champs-Élysées de Paris... Avec un invité normand : Bourvil, et un invité corse : Tino Rossi.

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Ci-dessus : une semaine plus tard, pour fêter les 20 ans du film Marius en se remettant en condition "marseillaise", une partie de pétanque mémorable se tient le 19 juin 1950 dans l'après-midi, à l'initiative du Club des Marseillais de Paris, sur les Champs-Élysées. 

  • L'on y reconnaît notamment les acteurs : MM. Jean Marsac, Bourvil, Mme Milly Mathis, MM. Tino Rossi, Édouard Delmont... 

Photographie AGIP - 19 juin 1950 - Coll. C. R-V.

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  • Le 15 août 1950, Tino Rossi est en gala à Collioure, en plein air dans les arènes.
  • Le 19 août 1950, Tino Rossi donne le départ d'Ajaccio du 14ème Tour de Corse Cycliste.
  • Le 10 octobre 1950, Tino Rossi prend le bateau pour Londres.
  • Du 16 au 28 octobre 1950, Tino Rossi est en gala en Grande-Bretagne, à Londres, au Piccadilly Theatre. L'accompagnent dans cette tournée britannique baptisée " Café Continental ", le guitariste Antoine Bonelli, ainsi que Henri Martinet en tant que chef d'orchestre (aurait été prolongé jusqu'au 4 novembre 1950 - à confirmer).

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Ci-dessus : Tino Rossi devant l'entrée du Picadilly Theatre, à Londres, où il va enfin honorer de sa présence le public de Grande-Bretagne, très friand de ses enregistrements dès le début de sa carrière.

Photographie Matthew's - 16 octobre 1950 - Coll. C. R-V.

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  • En Décembre 1950, Tino Rossi est en tournée dans les pays méditerranéens : Turquie, Grèce, Égypte, Israël. Il est accompagné de son épouse Lilia. (nous nous efforçons de retracer son itinéraire, au mieux)
  • Du 10 au 18 décembre 1950, Tino Rossi est en gala en Grèce, où il chante à Athènes.
  • Le 13 décembre 1950, Tino Rossi assiste, à Athènes, au match de football France-Grèce.

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Ci-dessus : Tino et Lilia Rossi en visite à l'Acropole d'Athènes, devant les Caryatides de l'Erechtheion, en Décembre 1950, lors de leur tournée en Grèce.

Photographie X - Décembre 1950 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi devant le Sphinx et la pyramide de Khéops, lors de son passage par l'Égypte.

Photographie X - Décembre 1950 - Coll. C. R-V.

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  • Le 19 décembre 1950, Tino Rossi voit son visa d'entrée en Israël accordé par le Ministre de l'Immigration et peut ainsi chanter en Terre Sainte. Tino Rossi est donc une des premières vedettes européennes à venir chanter dans l'État d'Israël nouvellement créé.
  • La nuit du 24 décembre 1950, Tino Chante pour la Messe de Minuit à Bethléem (Terre Sainte), dans le lieu où est né le Christ.
  • Le 27 décembre 1950, Tino Rossi en gala à Haïfa (Israël). Reçu avec gaz lacrymogènes. Arrivant d'Athènes par le navire La Guardia. Avant cela, il était Au Caire, à Istanbul, à Ankara... Il quitte Israël le 5 janvier 1951 pour rentrer en France le 12 janvier 1951 par le navire Filippo Grimaldi.

En 1951, peu de déplacements retrouvés.

  • Le 4 février 1951, Tino Rossi entre officiellement au Musée Grévin, son double étant sculpté par Barbieri.
  • En Mars 1951, Tino Rossi est en tournée en Allemagne fédérale. Il chante notamment à Berlin, dans le night-club Heiße Badewanne, où il remporte un vif succès avec son Ave Maria, les chansons de Vincent Scotto, Petit papa Noël, et aussi en avant première Mon beau Sapin (qu'il finira par enregistrer sur disque en 1974).
  • Le 2 mai 1951, Tino Rossi assiste à Saint-Leu-le-Forêt, entouré d'une multitude de Corses, au transfert des cendres de Charles-Marie Bonaparte, le père de Napoléon Ier Empereur des Français.
  • En Août 1951, Tino Rossi, Lilia et Laurent sont en vacances durant 2 semaines en Corse, à Ajaccio.
  • En Septembre 1951, Tino Rossi est en vacances dans les Bouches-du-Rhône.
  • En Novembre 1951, Tino Rossi est en tournée Radio et Spectacles à travers la France, accompagné de Pierre Spiers et son ensemble.
    • Le 23 novembre 1951, Tino Rossi en gala à Dijon, au Grand Théâtre.
    • Le 24 novembre 1951, Tino Rossi en gala à Montceau-les-Mines, au Rex.

En 1952, Tino Rossi récidive quatre semaines de plus à l'A.B.C en Mars-Avril, fait une tournée au Canada français, puis participe, avec Charles Trenet, au Tour de France cycliste, en tant que chanteur pour le Podium-Caravane de Paul Ricard qui réunit des foules énormes d'admirateurs venus assister à son tour de chant quotidien, si bien que son exfiltration chaque soir en est rendue très compliquée et particulièrement épuisante.

  • Le 6 février 1952, Tino Rossi est en gala à Lille, au Théâtre Sébastopol.

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Ci-dessus : Tino Rossi sur la scène du Théâtre Sébastopol à Lille, accompagné de ses musiciens.

Photographie X - 6 février 1952 - Coll. C. R-V.

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  • Le 22 février 1952, Tino Rossi participe à une émission radiodiffusée sur Radio Luxembourg, de promotion pour les Parfums Bourjois.


  • Du 29 février 1952 au 2 avril 1952, Tino Rossi est en gala à l'A.B.C de Paris, où il chante notamment les titres suivants : Rosita, Si jamais... Ma guitare et mon cœur, Jolie pluie d’été... Va, mon ami, va... Chérie, sois fidèle... Sérénade sur Paris... Marinella... Tchi Tchi... Ave Maria... et Petit papa Noël... Accompagné par Pierre Spiers et son ensemble.
  • Le 3 avril 1952, Tino Rossi prend le train de Paris pour une tournée au Canada. 
    • Retour à Paris le 24 mai 1952 pour Tino Rossi.

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Ci-dessus : Tino Rossi et André Dassary partent, de la Gare Saint-Lazare, en tournée pour le Canada.

Photographie X - 3 avril 1952 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi et André Dassary partent, de la Gare Saint-Lazare, en tournée pour le Canada.

Photographie Belam - 3 avril 1952 - Coll. C. R-V.

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  • Le 10 avril 1952, Tino Rossi arrive au Canada par le train en gare Windsor de Montréal (après voyage sur le paquebot Île-de-France).
  • Du 12 au 15 avril 1952, Tino Rossi est en gala à Trois-Rivières (Canada français), au Cinéma de Paris.
  • Du 19 au 25 avril 1952, Tino Rossi est en gala à Montréal (Canada français), au Théâtre Saint-Denis.
  • Du 26 avril au 2 mai 1952, Tino Rossi est en gala à Québec (Canada français), au Cinéma de Paris.
  • Le 3 mai 1952, Tino Rossi est en gala à Shawinigan (Canada français), au Centre Paroissial Saint-Marc.
  • Les 6 et 7 mai 1952, Tino Rossi est en gala à Chicoutimi (Canada français), au Théâtre Capitole.

Ci-contre : billet d'entrée au gala Tino Rossi à Chicoutimi le 6 mai 1952 (Coll. C. R-V.)

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  • Le 13 mai 1952, Tino Rossi est en gala à Saint-Jérôme (Canada français), au Théâtre du Nord.
  • Le 24 mai 1952, Tino Rossi est de retour à Paris après sa tournée au Canada.
  • Le 15 juin 1952 est donné à Paris, Place des Vosges, le prestigieux gala de charité au profit des œuvres du IVe arrondissement de Paris, Le Triomphe de la Chanson, où participent notamment Tino Rossi, Édith Piaf, Line Renaud, Les Compagnons de la Chanson, Reda Caire, Jacques Pills, Patrice et Mario, Pierre Malar, Renée Lebas et Annie Cordy...
  • Le 26 juin 1952, le Tour de France démarre de Brest, et dans la caravane se trouvent Tino Rossi et Charles Trenet (Spectacle sponsorisé par Ricard). Le soir de chaque étape, lorsque les coureurs se reposent, ils prennent la relève et assurent le spectacle par leur tour de chant. Accompagnés par Serge Bessière et son orchestre.
    • C'est aussi pendant le Tour de France 1952 qu'Annie Cordy commence à se faire connaître dans sa nouvelle carrière de chanteuse, en vedette américaine. Elle est en effet intégrée à la tournée Columbia, venant tout juste de signer chez les IME Pathé-Marconi.

Ci-contre : tract publicitaire annonçant la tournée du Tour de France, avec Tino Rossi. (Coll. C. R-V.)

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  • Le 30 juin 1952, le Tour de France passe par Metz, le Spectacle Ricard est donné par Tino et Charles...
  • Le 3 Juillet 1952, le Tour de France passe par Lausanne (Suisse), où à 20H30, le Spectacle Ricard est donné par Tino et Charles...
  • Le 6 juillet 1952, le Tour de France passe par Sestrières (Italie)... Et Tino et Charles assurent le spectacle.
  • Le 9 juillet 1952, le Tour de France passe par Aix-en-Provence... Et Tino et Charles assurent le spectacle.
  • Le 15 juillet 1952, le Tour de France passe par Bordeaux ; Tino et Charles assurent le spectacle.
  • Les 19 et 26 juillet 1952 ; les 2, 23 et 28 août 1952 ; les 6, 13 et 20 septembre 1952 ; les 23 et 25 octobre 1952 et le 15 novembre 1952 Tino Rossi est l'invité principal de l'émission Surprise-Pastis qui se déroule sous forme de galas dans plusieurs villes de France, émission diffusée soit par Radio Monte-Carlo, soit par Radio-Luxembourg.
  • Le 25 octobre 1952, Tino Rossi est en gala à Genève (Suisse), au Victoria-Hall, accompagné par Pierre Spiers et son ensemble.
  • Le 26 octobre 1952, Tino Rossi est en gala à Lausanne (Suisse), au Comptoir Suisse, accompagné par Pierre Spiers et son ensemble.
  • Le 27 octobre 1952, Tino Rossi donne un gala à Turin (Italie), au Théâtre Alfieri.
  • Le 29 octobre 1952, Tino Rossi est en gala à La-Chaux-de-Fonds (Suisse), à la Maison du Peuple accompagné de Pierre Spiers et son orchestre.
  • Le 18 novembre 1952, Tino Rossi, Fernandel, Marcel Pagnol et le tout Paris du music-hall sont présents en l'Église Saint-Laurent de Paris aux obsèques de Vincent Scotto décédé le 15 courant. 
    • Vincent Scotto a donné à Tino ses plus grands succès dans les années 30. Aussi, Tino Rossi respectera-t-il son serment d'honorer la mémoire de Vincent Scotto à chaque spectacle, chaque gala, chaque émission, chaque événement auquel il participera en chantant les chansons de son mentor.
  • Le 19 novembre 1952, Tino Rossi est en gala à Louvain (Belgique) à l'Université, une centaine d'étudiants très agressifs bombardent Tino Rossi arrivé en retard. Ils sont expulsés puis tirent des pierres sur la police et brisent les vitres de l'entrée de l'université.
  • Courant Novembre 1952, Tino Rossi est en gala à Poitiers, au Cinéma Le Berry, accompagné par Pierre Spiers et son orchestre.

En 1953, ce sera l'année des derniers grand récitals étalés sur plusieurs semaines que donnera Tino Rossi. Il décide de ralentir son rythme effréné (tout est relatif).

  • Le 5 mars 1953, Tino Rossi est en gala de bienfaisance à Clermont-Ferrand, au Cinéma Novelty.
  • Le 9 mars 1953, Tino Rossi est en gala à Angers, au Grand Théâtre.
  • À partir du 11 avril 1953, Tino Rossi est en tournée Super-Circus avec le Cirque Achille Zavatta, accompagné par Jacques Hélian et son orchestre, dont le regretté Jean Marco. (Direction artistique Jean-Jacques Vital).
  • Le 20 mai 1953, Tino Rossi est officiellement enregistré à la SACEM en qualité d'Auteur (il en avait fait demande le 16 février 1953)
    • Ainsi donc, à partir de cette date, nous pouvons retrouver çà et là des chansons dont les paroles sont écrites ou adaptées en français par Tino Rossi, sous le pseudonyme de Jean Lavande
    • Son premier titre enregistré en tant qu'auteur est le tango Ne lui dis jamais, paru sur 78 tours BF574.
  • Le 26 juillet 1953 Tino Rossi en direct à Radio Lausanne pour un concert.
  • En Août 1953, Tino Rossi est en vacances en Italie où il visite Florence.
  • À partir du 19 septembre 1953, Tino Rossi reprend les tours de chant avec le Cirque Achille Zavatta dans la banlieue de Paris (Super-Circus), accompagné par Ray Plexon et son orchestre. (Direction artistique Jean-Jacques Vital).
    • Retrouvez ici le Programme de la tournée du Super-Circus de Septembre 1953 avec Tino Rossi (Coll. M. Alain Brochet)
    • Les 19 et 20 septembre 1953 à Paris - Porte de Clichy,
    • Le 21 septembre 1953 à Courbevoie,
    • Le 22 septembre 1953 à Colombes,
    • Le 23 septembre 1953 à Poissy,
    • Le 24 septembre 1953 à Sartrouville,
    • Les 25 et 26 septembre 1953 à Nanterre,
    • Les 27 et 28 septembre 1953 à Paris - Porte de la Villette,
    • Le 29 septembre 1953 au Raincy,
    • Le 30 septembre 1953 à Chelles,
    • Le 1er octobre 1953 à Nogent-sur-Marne,
    • Le 2 octobre 1953 à Champigny-sur-Marne,
    • Le 3 octobre 1953 à Villeneuve-Saint-Georges,
    • Les 4 et 5 octobre 1953 à Paris - Porte d'Orléans,
    • Le 6 octobre 1953 à Pithiviers,
    • Le 7 octobre 1953 à Nemours,
    • Le 8 octobre 1953 à Montargis,
    • Le 9 octobre 1953 à Montereau,
    • Le 10 octobre 1953 à Melun,
    • Les 11 et 12 octobre 1953 à Paris - Porte d'Italie,
    • Le 13 octobre 1953 à La-Ferté-sous-Jouarre,
    • Le 14 octobre 1953 à Château-Thierry.
  • En Novembre 1953, Tino Rossi participe à la célébration de la sortie du 33 tours des plus grands succès de Marianne Oswald ; Marianne Oswald avec qui il avait participé à une tournée de galas en Août 1934.
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Photographies X - Novembre 1953 - Coll. C. R-V.

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  • Le 2 décembre 1953, Tino Rossi et Joséphine Baker participent à l'émission radiophonique Sérénade sur RTL, à l'occasion de la première année de la disparition de Vincent Scotto.
    • En cette occasion, tous deux chantent pour la première fois en duo, J'ai deux amours.

En 1954, après avoir tourné dans le film Tourments réalisé par Jacques Daniel-Norman, avec Blanchette Brunoy, où Tino est confronté au sujet complexe de l'adoption, l'acteur Tino Rossi décide de s'éloigner du cinéma.

Mais avant ceci, Tino accepte de participer à la fresque cinématographique Si Versailles m'était conté après que Sacha Guitry lui ait dit : « M. Rossi, depuis vingt ans, votre voix fait chavirer la France. Je vais recréer pour vous la plus belle des fêtes vénitiennes que Versailles ait connue, à rendre envieux Louis XIV en personne. M. Rossi, voulez-vous paraître dans mon film pour chanter et nous enchanter ? »... Et sur fond d'un grandiose feu d'artifice, le gondolier Tino Rossi chantera Fenestra bassa, une chanson italienne du XVIIe siècle qui n'a jamais été enregistrée sur disque.

  • Le 3 février 1954, Tino Rossi débute une tournée de Galas dans toute l'Afrique du Nord. Il commence ce soir par Casablanca au Maroc.
  • Le 5 mai 1954, Tino Rossi participe, en vedette principale, au gala de bienfaisance des œuvres franciscaines donné à Paris, au Palais de Chaillot.
  • Du 13 au 15 juin 1954, Tino Rossi participe, avec plus de 50 autres vedettes confirmées, à la Kermesse aux Étoiles, à Paris, dans le jardin des Tuileries.
  • En été 1954, Tino Rossi est en tournée dans les villes d'eau du sud-est, sur la Côte-d'Azur et en Corse.
    • Le 27 juin 1954, Tino Rossi est en gala à Millau, accompagné de Raymond Legrand et son orchestre.
    • Le 20 août 1954, Tino Rossi est en gala à Bastia,
    • Le 22 août 1954, Tino Rossi est en gala à Morosaglia.
  • Le 8 septembre 1954, Tino Rossi est en gala à Caudry, accompagné par Pierre Spiers et son orchestre.

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Ci-dessus : Tino Rossi sur scène, en gala à Caudry, accompagné à la harpe par Pierre Spiers.

Photographies X - 8 septembre 1954 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi à l'issue du gala à Caudry, en pleine conversation avec René Cokaïko, membre belge du Club Tino Rossi.

Photographie X - 8 septembre 1954 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi à Caudry, avant le début de son tour de chant, vient prendre la température du public sous le chapiteau.

Photographie X - 8 septembre 1954 - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : Tino Rossi, à la porte de sa loge (une roulotte du Cirque Zavatta), en discussion avec Achille Zavatta, avant le début du spectacle à Caudry.

Photographie X - 8 septembre 1954 - Coll. C. R-V.

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  • Le 22 décembre 1954, Tino Rossi est présent pour assister l'écrivaine Mag Bodard, pour son livre L'Indochine, c'est aussi comme ça, dans les salons Ricard, au 32, avenue de l'Opéra.

Suite de la biographie de M. Tino Rossi en cliquant sur le lien ci-dessous :

Tino Rossi - Biographie 2 - Suite.

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Site Tino Rossi © Claude Rizzo-Vignaud, 24 novembre 2020.

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